Kaviar Special a faim de conneries dans son dernier clip dans lequel transparait une philosophie de vie rebelle, humble et délurée, loin de la voie du « tout à l’ego » pour un groupe qui a tenu ses promesses à Rock en Seine le week-end dernier.

On savait les garçons de Kaviar Special un peu spéciaux justement, oeuvrant principalement « pour l’amour du lol » avec un rock garage good feeling fait sérieusement, mais sans se prendre au sérieux : l’essence crasse et joyeuse du lo-fi. Le clip de Starving enfonce le Bison 4 dans la pastèque, avec l’usage intensif du fond vert qui ferait passer le nanardèsque Birdemic (cousin très très lointain des Oiseaux d’Hitchcock en 2d et sans idées) pour une réalisation à incrustation édulcorée.

Damien Stein à la réalisation aura su dirigé les quatre musiciens dans des activités absurdes liées pourtant entre elles dans un schéma narratif reprenant les codes du film distopique (famine apocalyptique = manger les cheveux du copain, des mégots, la litière, et en parler à son chat), passant par le policier, finissant plus au moins en blockbuster d’action protéiné, le tout érigé comme ce qui pourrait être un clin d’œil au Monty Python ou Jackass : on s’y perd avec plaisir.

En décalage total dans les registres même en s’essayant à la caricature simple des genres (remplacer les glocks ou les famas par des légumes et le miracle s’accompli), Kaviar Special injecte sur les internets du beau et du drôle avec trois fois rien (des poules, des mentos, des chats et un bébé) faisant confiance, à raison, à l’humour pré-adolescent sous un vague fond de révolte social.

Le psychédélisme pop-rock, un poil rétro, de Starving nous aura donné faim de production déjantée, on s’arrête là pour regarder de nouveau L’Attaque de la Moussaka Géante.