Voilà déjà un petit moment que le premier EP « L’heure Bleue » de Yanis est sorti. Découvert lors de cette édition 2016 du Festival Solidays, le jeune homme n’en est pourtant pas à son premier coup d’essai. Rencontre avec un  artiste doux, talentueux et qui aime prendre le temps de contempler la vie pour mieux s’en inspirer. 

Comment vas tu ? 

Je vais très ben. Il fait beau, on est à Paris, donc je suis très heureux.

On t’a découvert au Festival Solidays de cette année. Quel souvenir en gardes-tu ? 

J’en ai un très beau souvenir, les gens m’ont donné une énergie incroyable. Je n’y étais jamais allé, même en tant que festivalier, donc je t’avoue avoir été un peu impressionné. Les festivals sont toujours des moments un peu particuliers pour un artiste car tu joues devant un public qui ne te connait pas pour la plupart. Mais pour le coup,  les festivaliers  étaient à fond, ça m’a beaucoup ému et je crois que ça s’est vu lorsque je parlais (rires).

Tu as chanté un court morceau de Prince sur scène et quelques semaine plus tard tu participais à la soirée hommage organisée par le Flow.  Qu’est ce que symbolise Prince pour toi? 

Beaucoup de choses. Je n’ai pas baigné dans sa musique étant petit, mais j’ai commencé à le découvrir vers mes seize ans. C’est quelqu’un pour qui j’avais et j’ai encore énormément de respect. Il n’a eu peur de rien dans sa carrière aussi bien en termes de musique que d’image. Il ne se mettait aucune barrière et était très détaché par rapport au regard que pouvait porter la société à son époque, même si tout n’a pas totalement changé aujourd’hui.

Parlons un peu de toi.  Yanis n’est pas ton premier projet puisqu’on te connaissait avant sous le nom de Sliimy.

Oui. Il y a d’ailleurs eu beaucoup d’années qui se sont écoulées entre les deux projets. Lorsque j’ai créé Sliimy, j’étais très jeune et c’était un moyen de me protéger, de pouvoir m’exprimer  et de m’échapper un peu du vrai Yanis et de sa vie de tous les jours. Je manquais de lumière dans ma vie alors je me suis créé ce personnage très pop et coloré. Je ne m’en rendais pas compte au départ mais ça a été une véritable aide psychologique. Je me suis vraiment mis à incarner et devenir Sliimy, même si ça m’a un peu dépassé à un moment.  Lorsque que j’ai créé ce personnage à 13 ans, j’étais loin de me douter que j’allais faire quelques années plus tard la première partie de Britney Spears et voyager dans le monde entier en tournée.  Depuis je conseille à tout le monde de se créer un alter-ego (rires) !  Ça me fait toujours rire quand j’y repense !

Et comment s’est passée la transition vers ton projet actuel?

J’ai beaucoup voyagé à une époque et j’ai notamment habité à Berlin quelques temps. Lorsque que tu arrives dans un nouveau pays, tu dois recréer tous tes repères, tes habitudes, tes fréquentations. Tu repars à zéro. Personne ne te connait et tu ne connais personne. Ça m’a fait réfléchir sur mon personnage car les gens ne me voyaient pas comme Sliimy mais comme Yanis. J’ai énormément pris de recul et ma vie là-bas était différente. A Berlin j’écrivais des chansons, j’allais dans des Open Mic où je chantais devant cinq allemands et des potes que j’avais ramené, c’était une période vraiment drôle. Au fond j’ai toujours aimé changer d’ambiance, de lieu, me mettre en danger. Beaucoup de gens n’ont pas compris le fait que je décide de repartir à zéro et de laisser de côté l’image de Sliimy alors que pour moi, cela symbolisait mon passage à l’âge adulte. Je n’ai plus les mêmes choses à raconter aujourd’hui qu’il y a six ans.  Et on oublie souvent que dans la musique, ce qui compte vraiment … C’est la musique elle-même !

Même si c’est ton vrai nom, Yanis reste-il tout de même un personnage ? 

Je mets beaucoup moins de barrières et de protections avec Yanis. Après, n’y a t il pas toujours une part de personnage en nous? Je pense qu’on se met tous en scène, même dans notre vie de tous les jours. Même toi ! Tout de suite, tu es dans ton personnage de journaliste ! (rires) Ce que je veux dire par là, c’est qu’on est jamais complètement le même selon la personne qui nous fait face. Avec  notre famille, nos amis ou un date on agit différemment. On se crée une sorte de mini- personnage.

Peux tu me parler du très beau clip de Crave, que tu as d’ailleurs réalisé? 

J’avais envie de faire un tableau et de travailler sur le corps et la chorégraphie. Celle-ci a a été créée par Cathy Ematchoua. Ça a été très rapide car je voulais capturé un moment de la journée précis, l’heure bleue  qui a d’ailleurs donné le nom au premier EP. C’est un moment incroyable de la journée, très court et délimité, la lumière est superbe à cette heure là.

Tu as un rapport à la musique très visuel.

Oui ! J’aime placer des images sur ma musique, des instants, des couleurs. Il m’arrive parfois de partir d’un visuel pour écrire une chanson. Je trouve qu’il y a une poésie dans la vie qu’on remarque peu mais qui est présente à chaque instant. J’aime essayer de l’attraper et de m’en inspirer. C’est la grosse différence entre ce que je fais aujourd’hui et ce que je faisais avant. J’ai arrêté de fantasmer cette poésie pour la vivre. Je me vois un peu comme un gosse, enfermé depuis longtemps dans sa chambre, qui décide enfin d’en sortir pour partir à la découverte du monde ! Je suis beaucoup plus serein aujourd’hui, je prend le temps de contempler, de saisir les moments.

Quels sont tes projets futurs? 

Je bosse sur des nouveaux titres et je prépare l’album. J’ai quelques petits festivals aussi cet été.  Je ne jouerai pas à Paris avant un moment. Je vais prendre un peu de temps pour partir en vacances aussi, en profiter pour me reposer et observer.

Culture Sauvage pour YANIS ? 

Des happenings dans la ville. Des artistes qui créent dans des espaces différents .