La sixième édition du Fnac Live s’est achevée samedi soir dernier. Malgré un contexte sécuritaire quelque peu contraignant (l’entrée ne se faisant que par la rue principale située en face de l’Hôtel de Ville), le festival a néanmoins été un joli succès, durant lequel de nombreux artistes de talents se sont succédés. Retour sur nos moments forts. 

Arrivé un peu en retard, on plonge directement dans le festival avec une interprète dont on commence à prendre l’habitude. C’est bien connu, nombreux sont les artistes à enchaîner les festivals durant l’été et il n’est donc pas rare de les croiser sur notre chemin de nombreuses fois en peu de temps. C’est notamment le cas avec Jain, qui après son passage au Solidays, puis à Garorock, nous entraîne de nouveau  sur ses rythmes africains en ce mercredi de juillet. Toujours seule sur scène, le micro à la main, la jeune artiste n’a rien perdu de son énergie malgré son premier mois à enchainer les festivals et c’est avec un immense sourire aux lèvres qu’elle livre un show calibré et efficace. Public séduit, applaudissement, visages lumineux : on ne serait même plus surpris de voir des médecins prescrire une bonne cure de Jain aux déprimés.

JAIN ©Christophe Crénel

JAIN Fnac Live 2016 ©Christophe Crénel

Pourtant, cette dernière était loin d’être le seul remède anti-déprime, puisque Jungle a également illuminé cette première soirée au Fnac Live grâce à un show énergique, qui aurait tout de même gagné à être porté par une meilleure acoustique. En rien la faute au groupe le plus groovy et  soul du festival, qui nous a malgré tout offert un très beau moment au son de « Busy Earnin’ » et « The Heat ».

 Place à la seconde journée et avec elle, la fête d’anniversaire du label Tôt ou Tard, qui fêtait ses vingt ans ce jeudi 21 juillet, et qui a mis à l’honneur certains de se meilleurs artistes.

Si on avait adoré leur bonne humeur et leur chaleur lorsque nous les avions rencontré, nous n’avions encore jamais vu l’électro-yéménite d’A-WA à l’oeuvre sur scène. Et force est de constater qu’une fois de plus, elles emportent tout sur leur passage, habillant leur musique et leur corps de couleurs vives et claires. La fraîcheur de leur sonorité est un régal pour le public qui se presse de plus en plus nombreux dans l’enceinte du festival, attiré par l’énergie solaire de ces trois soeurs, qui précèdent l’arrivée d’un tout autre trio, bien différent : Odezenne , dont on vous fera partager notre rencontre lors de ce Fnac Live très bientôt.

A WA (21 juillet) Fnac Live 2016 © Christophe Crénel

A WA (21 juillet) Fnac Live 2016 © Christophe Crénel

Le soleil commence à disparaitre à l’horizon et c’est Vianney qui est en charge d’accompagner cette heure bleue. Guitariste talentueux, l’artiste semble plus confiant qu’il y a un an et fait chanter sans mal une foule particulièrement nombreuse. Si on regrette peut-être le trop plein de discours et d’explications ayant pour conséquences le ralentissement du concert, l’artiste n’en reste pas moins charismatique et  occupe avec talent l’espace scénique armé simplement de ses cordes.

Dernière artiste du label à se produire, Yaël Naïm a comme à son habitude conquit le public avec une grâce incommensurable, à la hauteur de son talent. Sûrement l’une des artistes les plus intéressantes de ces dernières années, sa musique réussit le pari de l’intemporalité, offrant un moment musical suspendu à l’assistance qui ne résiste pas à l’envie de reprendre haut et fort les paroles de « New Soul ».

Ce concert terminé, le dernier verre avalé, on se dirige alors vers la sortie en chantonnant nous aussi le dernier refrain  de la chanson quand quelque chose nous retient. Une électro enivrante et aérienne s’est glissée à l’intérieur de nos oreilles, caressant nos tympans et retenant notre attention. On se retourne sans pouvoir mettre de nom sur le visage de celui qui est en train de faire danser la foule entière sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Ce n’est qu’en regardant le programme qu’on s’aperçoit que ce Thylacine nous avait tout bonnement échappé et c’est avec surprise qu’on découvre les titres de son premier album Transsiberian , qu’on s’est empressé de télécharger (légalement) une fois rentrer à la maison pour pouvoir continuer à danser. Une découverte comme on les adore : surprenante et séduisante.

Thylacine (21 juillet) Fnac Live 2016 © Christophe Crénel

Thylacine (21 juillet) Fnac Live 2016 © Christophe Crénel

On débute notre troisième et dernier jour (pour nous) avec deux pop aux accents différents.

La pop-folk d’ I Am Stramgram , lauréat 2016 du Prix Ricard S.A Live Music présent quelques jours auparavant aux Francofolies dont on attend avec impatience un premier album qui suivra son premier EP « Patchwokitsch Tryptique ». 

Et l’électro-pop de Sage, qui nous a tout bonnement régalé en interprétant son premier album solo (il était à l’origine du groupe Revolver)  porté  par le titre  « One Last Star ». On ne mentira pas, la présence de son morceau avec le duo The Shoes (non présent) dans sa setlist ne nous a clairement pas laissé indifférent, et notre corps a clairement « Drifted » à l’écoute des premières notes.

C’est donc le corps bien chauffé que nous assistons par la suite à ce qui restera le meilleur concert de ce Fnac Live. A tel point qu’on manque cruellement de mots pour décrire le show survolté auquel s’est livré Hyphen Hyphen. On s’était laissé bercer par « Just Need Your love » il y a déjà un petit moment on s’était contenté de regarder de loin l’ascension du groupe. Grave erreur,  ces quatre là se dégustent de (très) près ! Chaque membre possède un style, une transe bien à lui, qui mis côte à côte  créait un magnifique ensemble, tout simplement. Pieds nus, sautant dans tous les sens, c’est une messe musicale à laquelle ils s’adonnent pendant presque une heure faisant exploser le thermomètre d’ambiance du public. De partout on gesticule, danse, crie à l’image de la chanteuse qui n’hésite pas à se rouler par terre et se jeter dans le public avec un plaisir non dissimulé. L’Hôtel de Ville tremble et transpire au rythme des niçois qui démontrent que la musique reste un merveilleux moyen de communion et d’extase. On applaudit comme pour dire merci.

Hyphen Hyphen (22juillet) Fnac Live 2016 © Christophe Crénel 1

Hyphen Hyphen (22juillet) Fnac Live 2016 © Christophe Crénel

Et si le soufflé est quelque peu retombé lors du passage du duo Synapson qui a malheureusement du arrêter leur concert à cause d’un problème technique, la journée du vendredi s’est terminée avec poésie et rythme électronique avec Fakear, qui s’affirme clairement comme le porte parole d’une nouvelle génération d’artiste électro qui font du voyage sonore leur métier.

Une très belle sixième édition du Fnac Live Festival qui s’est maintenue malgré un contexte peu favorable et qui a affirmé en musique que la fête continue et continuera. 

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Ambiance – 20 juillet ©Christophe Crénel (Fnac Live 2016)