La communion de la classe et du satanisme avec Arielle Dombasle, qui, accompagnée de Nicolas Ker, revendique une fois de plus son amour pour les freaks.

On ne s’étonne plus de trouver Arielle Dombasle là où l’on ne l’attend pas : après un duo avec Iggy Pop pour « Rhum and Coca-Cola », ou Katerine et Chilly Gonzales pour l’album « Glamour à mort », la dame a montré qu’elle savait s’entourer de gentlemen revêtant le masque de la folie.

Et pour son nouvel album « La Rivière Atlantique » qui sortira à l’automne, c’est Nicolas Ker qui l’épaule, monstre de travail aux projets innombrables et à la démence palpable. Et comme premier zakouski, le titre « I’m Not Here Anymore », chargé d’électricité et empreint de dystopie d’écritures religieuses et ésotériques.

En ouvrant avec une cymbale qui sonne comme le glas, on est introduit directement à un océan d’éclairs dans la nuit : le décor apocalyptique est planté, et on n’en sortira pas. Réalisé par Arielle Dombasle elle-même, l’esthétique post-gothique (avec notamment cette croix argentée sur une longue robe noire) embrasse l’élégance à pleine bouche.

La présence fantomatique de Nicolas Ker, lunette de soleil dans les ténèbres et bouteille de vin vissée à la main, donne au duo des aspects de couple idyllique dans ce décor de déluge orageux en bord de mer. A côté de ce sosie de Hunter S. Thompson qui marie merveilleusement sa voix de crooner à celle de la diva, le paysage de fin du monde s’épanouie dans une cold-wave / new-wave envoutante. Le violoncelle de génie vient contrebalancer les forces lugubres des synthés pop pour apporter des envolées lyriques, avant de se strier peu à peu pour se mêler à l’ambiance obscure.

En images les flashs célestes ne cessent de filer l’allégorie du passage éphémère quand le chant du duo rappelle Depeche Mode. Un duo aux traits dichotomiques des prophéties apocalyptiques : un ange et un démon.