L’été rime avec festival, ambiance déjantée et foule en délire? De partout on danse, on boit, on fait la fête les mains en l’air en scandant (ou baragouinant) les paroles de nos chansons préférées.  Puis soudain, le calme complet. La beauté d’une voix. Le moment de grâce. Vous êtes à Paris, dans la salle sous-marine du Flow, pour un concert intimiste de Matt Corby. Changement total. 

Ici pas de bavardages, les seuls mots de l’artiste sont et resteront « Bonjour », « Merci », « Au revoir ». Les yeux le plus souvent baissés ou fermés, on comprend immédiatement que nous sommes loin des engouements des grandes scènes de Garorock ou Mainsquare où les musiciens aiment jouer et encourager leur public. Mais la frustration disparait aussi vite qu’elle est apparue lorsque le concert commence.

L’auteur-compositeur-intérprète australien ouvre la bouche, fait vibrer ses cordes vocales… Et c’est une vague de douceur, de mélancolie et de frissons qui nous enveloppent. Matt Corby a une voix unique, presque écorchée qui peut variée du grave à l’aiguë avec une aisance déconcertante. Pourtant discret d’apparence, il impose alors un silence immédiat dans la salle, berçant avec volupté un public conquis, agitant doucement la tête de droite à gauche au rythme de ses lancinantes chansons .

On en vient à s’en vouloir d’avoir pu être déçu par sa discretion alors que sa musique n’a nullement besoin de fioritures extérieures pour toucher des sommets. Elle se ressent, s’écoute avec attention et les paupières de chacun se ferment peu à peu dans la salle pour pouvoir apprécier avec bonheur ces transcendances musicales qui font du bien à l’âme. Même lorsque la musique se fait plus entraînante et brutale comme sur « Brother », le public reste coït, ébahi, envoûté.

A titre personnel, nos pensées voyagent à travers le temps et sur les routes de la Great Ocean Road en Australie, dans ce piètre van dont la radio nous avait fait découvrir cette voix magnifique pour la première fois et où le titre « Resolution » n’avait dès lors plus quitté nos playlists.

Vous comprendrez donc le plaisir immense qu’on s’est accordé en ce lundi soir au Flow, en l’entendant pour la première fois en version live. Sublime.

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Flow Paris

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