Une apologie de l’esthétique des années 90 qui nous ferait presque regretter les joggings fluos que nos parents nous obligeaient à porter : une nostalgie sans regrets sous fond d’électro d’after vitaminé.

VHS grésillante, chorégraphie géométrique et hit parade : c’est l’absence de Charlie et Lulu à la fin de la vidéo qui nous rappelle que l’on n’est pas devant des tubes cathodiques mais sur Youtube, devant un ordinateur qui n’imite pas du Mika Vainio quand il se connecte à internet.

French 79 nous fait remonter dans un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, mais en restituant une image paradoxalement légère et festive de ce qui reste un traumatisme esthétique.

Kitsch est le mot que l’on aimerait poser là, Milan Kundera l’a défini comme « la station de correspondance entre l’être et l’oubli » dans L’Insoutenable Légèreté de l’être. Cette qualification ne peut être que relative, comme elle dépend de l’expérience de ce trauma esthétique général qu’a été de grandir dans les années 90, qui se compose de coupes de cheveux outrageuses et de vêtements larges aux couleurs criardes jumelées avec du gris.

Les plus jeunes ne pouvant pas connaître les ambiances de boom dans les MJC aux murs décorés façon Paul Klee sorti de la maternelle, le kitsch est presque déjà mort dans l’oubli.

Mais c’était sans compter la vidéo réalisée par Cauboyz pour « Hush Hush » de French 79 qui soulève du silence un peu honteux les codes des années 90 et les transcendent avec une musique électronique qui semble nous dire que ces années d’agressions rétiniennes rétrospectives ont été le meilleur terreau aux sonorités et à l’ambiance teuf qui ont germé ces années là. « Ces soirées là… »