Née de parents français et singapouriens, Tanis a toujours baigné dans un univers multiculturel qui lui a donné le goût de l’art et de la tolérance. Photographe, musicienne et chanteuse, rencontre avec une jeune prodige au grand cœur.

Comment as tu découvert la musique ?

J’ai commencé à jouer du piano à 5 ans. Mon professeur de l’époque voulait que j’apprenne la musique par les émotions et non pas en apprenant des partitions. C’est à ce moment que je suis tombée amoureuse de la musique. Je pianotais, chantais, je me suis beaucoup entrainée et vers l’âge de 14 ans, alors que j’habitais à Pékin j’ai eu un véritable coup de cœur pour la musique de film. Je me souviens avoir d’ailleurs gagné un concours pour composer le thème d’un film Disney sur un enfant et un Panda. Depuis je suis devenue musicienne et chanteuse.

Tu es également photographe n’est ce pas ?

Oui aussi ! (rires) Pendant la période où l’on vivait en Chine je voulais découvrir les minorités chinoises, donc je me suis acheté un petit Canon et je suis partie découvrir une minorité dans la montagne. J’ai publié un petit livre avec ces photographies que j’ai vendu par la suite pour aider un orphelinat à Pékin.

Photo Tanis 3

Tu as beaucoup voyagé et aujourd’hui tu vis à New York. Pourquoi cette ville plus qu’une autre ?

À New-York je me sens chez moi. Je suis née à Paris, j’ai habité aux Bahamas, en Suisse, à Pékin, en Angleterre et bizarrement je ne me sentais jamais complètement chez moi. Déjà on ne restait jamais assez longtemps pour s’habituer à la culture et en plus de ça les origines de ma famille vont de l’Italie à la Chine en passant par la France ou l’Irlande. Donc lorsque je suis arrivé à New York je me suis tout de suite sentie bien car c’est une ville à la diversité incroyable. Il n’y a pas qu’une culture à New York, il y en a des dizaines, c’est un magnifique melting pot et c’est ce qui m’a plu.

Tous ces voyages dont tu parles t’ont nourri pour ce premier EP ?

Au niveau des sonorités, oui. Il y a un côté acoustique très européen que j’aime placer dans mes chansons et cela vient surtout de la musique qu’écoutait mon père quand j’étais enfant. Je me suis également nourri de la culture électro très présente aux Etats-Unis ou en Angleterre tout en ajoutant de temps en temps des instruments de la culture asiatique. J’aime leur sonorité, ce côté ethnique. 

Tu chantes en français et en anglais dans « Blackout », tu n’as pas eu envie d’ajouter une autre langue ?

Pas pour l’EP.  Il y a des langues très lyriques comme l’italien ou l’anglais et d’autres plus difficiles. Je parle mandarin mais j’étais incapable d’écrire une chanson dans cette langue donc je n’ai pas voulu me forcer et les 6 chansons de l’EP étaient vraiment celles que je voulais mettre en avant. 

Il y a d’ailleurs une chanson, « Loosing my mind » qui est un peu particulière. Peux tu nous en parler ?

C’est une chanson que j’ai écrite après un événement qui a eu lieu dans l’orphelinat dont je te parlais juste avant. Un enfant avait été recueilli et il avait un sérieux problème au cœur et avait besoin d’une greffe, malheureusement il est mort avant que je puisse faire quoi que ce soit. Ça m’a énormément touché et après j’ai continué à voyager partout dans le monde et ça m’a choqué et réveillé en même temps. Je me suis aperçu que j’avais toujours grandi dans un milieu très protégé et mes amis aussi. C’est pour ça que j’ai voulu écrire cette chanson. Je voulais expliquer qu’il fallait se réveiller et s’apercevoir de la réalité du monde.

Tu as donc des causes que tu défends ?

Je travaille toujours avec Blue Sky Healing Home l’orphelinat. En parallèle je supporte également le Project Aware, qui lutte pour la préservation marine. Je fais pas mal de plongée sous-marine, puisque j’ai passé mon diplôme pour être monitrice lorsque je vivais aux Bahamas. L’écologie est quelque chose de très important ! Aux Bahamas, tout est magnifique et la vie marine est incroyable donc il est plus que nécessaire de la préserver.

Et tes futurs projets artistiques ? 

En ce moment je travaille avec les Gypsies qui sont les fils et petit fils des Gipsy Kings. Et en même temps je travaille avec un producteur à New York pour mon album. Cet EP je l’ai produit, écrit et composé moi-même donc je suis heureuse de pouvoir travailler avec une équipe pour l’album, cela va me permettre d’aller plus loin.

Culture Sauvage pour Tanis ?

La Tanzanie.

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Retrouvez le premier EP « Blackout » de Tanis sur son site .

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