Les applications de rencontres ne font pas de nos flirts des réussites : Burning Peacocks est là pour nous le rappeler.

Avec des regards désabusés et un cocktail mélancolique bu à la paille, distance ironique pour se détacher du contenu amer, Alma Jodorowsky et David Baudart se font témoins et narrateurs sensuels de l’échec de premiers émois amoureux. Respectivement égérie Lancôme et musicien de Cabuco, le duo compose avec « Tears of lava » des volutes harmonieuses qui s’envolent vers des sommets dream pop : une douceur mélodique que l’on pensait pouvoir retrouver uniquement chez Beach House.

Si la délicatesse et l’évidence traversent le titre produit par Jean-Benoit Dunckel, moitié de Air, la petite fille d’Alejandro Jodorowsky met en image le carrelage froid d’un bistrot, bris de verre, roses à terre, et l’alchimie qui ne prend pas entre deux désirs ardents pourtant encouragés par un jukebox atmosphérique. Ces pleurs d’une passion maladroite, morte-née, frise l’esthétique lynchéenne à l’image, avec des lumières violette et bleu qui rappellent Blue Velvet, particulièrement la scène de la chanson interprétée par Isabella Rossini, et presque ce paradoxe commun : la glaciation du sang et les palpitations du cœur.

Blue Velvet - Isabella Rossini

Si Burning Peacocks souffle magnifiquement le chaud et le froid en faisant l’économie d’un romantisme exacerbé, il magnifie les tentatives désastreuses de s’aimer. Et quand ça ne prend pas, on ne pousse pas le jeu jusqu’à l’happy ending : on doit retourner pleurer en coulisse, en écoutant « Tears of Lava » de préférence.