L’adolescence, cette période de fragilité où le monde adulte est parodié. Ses déboires, ses joies, ses sentiments. C’est un peu de tout ça qu’on retrouve dans le film de Rudi Rosenberg, « Le Nouveau » sorti la semaine dernière en Blu-Ray, DVD et téléchargement.

La première semaine de Benoit dans son nouveau collège ne se passe pas comme il l’aurait espéré. Il est malmené par la bande de Charles, des garçons populaires, et les seuls élèves à l’accueillir avec bienveillance sont des « ringards ».

Heureusement, il y a Johanna, jolie suédoise avec qui Benoit se lie d’amitié et tombe sous le charme. Hélas, celle-ci s’éloigne peu à peu pour intégrer la bande de Charles. Sur les conseils de son oncle, Benoit organise une soirée et invite toute sa classe. L’occasion de devenir populaire et de retrouver Johanna.

Sur le papier, une énième comédie sur les bancs de l’école, en réalité, sûrement l’un des meilleurs films de ces dernières années traitant de l’adolescence ordinaire. Le film offre une immersion dans un collège parisien où se joue dans la cour et en classe, une sorte de parodie du monde adulte, celle qu’on aime jouer à cet âge. Car à 13, 14 ans, le diktat de l’apparence et de la notoriété commence à apparaître. Sans jamais donner dans le grandiloquent ou l’extrême, le réalisateur montre avec talent la méchanceté enfantine, les faux amis, les comportements face à la solitude en plein bouleversement hormonal.

Mais ce dernier a su également offrir au film un humour irrésistible, chargé d’un naturel déstabilisant. Servis par une troupe de jeunes acteurs indisciplinés mais parfaits, le film surprend par sa narration et ses détours, ne tombant finalement jamais dans le piège de la comédie adolescente. La place donnée aux seconds rôles y est d’ailleurs pour quelque chose avec comme coup de cœur le personnage de Joshua en meilleur ami lunaire .

 Joshua Raccah ©Mars Distribution

Joshua Raccah ©Mars Distribution

L’autre grand point fort du film réside dans sa lecture transgénérationnelle. On se projette à la place de ces personnages dès le début du long métrage. On se revoit alors appeler des numéros au hasard, rire de rien, draguer, se disputer, aimer… grandir. Les amitiés étaient parfois étranges, souvent drôles et les rivalités qui nous paraissent aujourd’hui si anodines, n’en restaient pas moins importantes à l’époque.

« Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses mœurs » écrivait Boileau. Et si l’adolescence est très souvent un âge cruel, il n’en reste pas moins le dernier rempart à l’âge adulte, le vestige des derniers moments d’insouciance.

Une période brute, drôle et jeune, à l’image du film.