Inouïs prend tout son sens avec ce duo de Lille qui semble jouer au lego avec les sons d’une pop hybride, aux fondations folk et aux augmentations électroniques. Multi-instrumentistes, Sarah et Béryl font de la musique un jeu créatif sans limite avec des nuées d’émotions qui agitent les têtes et les cœurs. Rencontré au lendemain de leur live au 22, les fiers représentants du Nord Pas De Calais nous ont parlé d’omnichord, de stress de la scène, et vous incitent à ranger votre chambre.

Comment vous êtes vous rencontrés ?

Sarah : A la base c’est un projet personnel. J’ai commencé à faire de la musique en Angleterre en 2010, à écrire des chansons et à les jouer dans les bars. J’étais prof, mais je faisais beaucoup de musique à côté, et j’ai commencé en autodidacte. Je suis rentrée à Lille qui est ma ville natale, et j’ai rencontré Béryl en faisant une première partie d’un de ses groupes. Le projet est devenu assez folk, j’étais entourée de musiciens dont Béryl, et depuis un an et demi on a développé le duo.

Vous avez eu des évolutions dans votre musique avec les différents instruments que vous incorporez au live ?

Béryl : La grosse base c’est des chansons pop ou folk.

Sarah : On a toujours aimé toucher à plein d’instruments, je ne me sens pas plus chanteuse que guitariste, ou instrumentiste de tout ce que je trouve. Ce qui me plait surtout c’est l’écriture de mélodies avec ukulélé, guitare ou synthé. On s’amuse beaucoup à jouer des percussions ou des machines, et on les intègre au fur à mesure. On ne choisit pas forcément, on a une quantité immense d’instruments à la maison, et on aime bien les jouer. On prend ce qui sonne avec les morceaux.

Béryl : De mon côté je suis plus dans l’arrangement, je suis plus dans une démarche électro, bidouiller, sampler des sons… De base c’est Sarah qui écrit une chanson, et je viens coller des moments plus électronique ou distordus.

Sarah : Je suis meilleure dans les textes, la mélodie, et le chant, Béryl passe énormément de temps à proposer des sons de guitare ou de machine.


Et vous avez cet instrument étrange également : l’omnichord.

Sarah : On a beaucoup tourné, et parmi les musiciens que l’on a rencontré, un faisait de l’omnichord, c’était pendant un festival. Je suis devenue complètement obnubilée par ça. J’avais déjà une auto-harpe, c’est la même chose mais en version synthé. Je me suis amusée avec et j’ai composé quelques morceaux, on a décidé de le mettre sur scène, pas pour l’exposer mais parce que j’aime jouer dessus et il passe bien. Et ça se prend en main super facilement. Le côté acoustique et transportable c’est top. J’ai découvert ça il y a un an et demi à l’époque de la transition, je n’étais pas encore très au fait des boites à rythmes et autres, ça m’a ouvert un peu la voie au pad et autres. Notre pad nous permet de jouer des synthés que l’on ne peut pas transporter, au niveau logistique c’est plus confortable et les sons sont à des volumes homogènes.


Comment avez vous appréhendez votre concert à Bourges ?

Sarah : Il a fallu l’appréhender comme n’importe quel autre concert, ensuite on s’est plus préparé parce qu’on en avait besoin.  On a ajouté beaucoup de transitions et des petites choses que l’on ne prenait pas la peine de faire lors de plus petites dates.

Béryl : C’était l’occasion de revoir des choses, et les salles ouvrent plus facilement leur porte quand tu as fait Bourges.


Et au niveau du stress ?

Sarah : Je suis de nature stressée donc pour Bourges, oui particulièrement.

Béryl : Je suis stressé avant, sur scène, et même après !


Comment qualifier votre style ?

Sarah : On galère en général ! Les gens identifient le rock, la pop. Moi je garde la folk parce que j’écris des chansons, mais peut être folk alternative. Aujourd’hui on a retenu le nom : « electronic fuzz folk ».

Béryl : Folk, parce que c’est quand même des chansons avec des refrains qui doivent rester dans la tête, un enrobage de distorsion fuzz, rock’n roll et électronique parce qu’on joue également avec des synthés et boites à rythme.

Sarah : Quand les gens voient notre affiche, ils comprennent mieux parce qu’elle englobe beaucoup de choses. C’est un graphiste qui nous a découvert au début, il trouvait mes propres dessins nazes alors qu’il aimait ma musique. Du coup il a fait mieux, il a réussi à illustrer le fait qu’il y ait des guitares, des pédales, de l’électrique, de l’acoustique, percussions et bidouille… On me dit souvent range ta chambre !

Béryl : Range ta chambre, tu feras des chansons ! Voilà notre style.

Quelles sont vos inspirations ?

Sarah : A part mon papa qui joue de la guitare à la maison, je ne connaissais rien au milieu de la musique il y a encore cinq ans. Moi j’étais prof en Angleterre, j’aimais l’émotion de la musique, mais ça n’allait pas plus loin.

On s’est retrouvé sur le projet avec des groupes comme GaBLé et Tune-Yards, et ensuite on a des influences perso que l’on apprécie chacun. Pour : Soko, Kimya Dawson… Tout l’univers folk, texte et émotion.

Béryl : Pour moi, c’est plus le délire synthé, petite folk et petite voix comme Grandaddy.


Culture Sauvage pour June Bug?

Sarah : La liberté.

Béryl : Le psychédélisme.