Rencontre avec Sébastien et Nino, deux des membres de Babel, tout juste revenus de leur tournée en Chine et déjà sur la préparation d’un nouvel album après un dernier EP en octobre 2015.  

L’EP est sorti en octobre dernier, que s’est il passé depuis ?

Nino : Entre autre une tournée en Chine dont on revient tout juste. C’était une tournée marathon puisqu’on a enchainé 13 dates et pris au moins dix fois l’avion.

Sébastien: On a fait Pékin, Shanghai, Hong Kong… Beaucoup de villes, dans les terres parfois mais tout de même essentiellement la côte. Une super expérience.

Et vous repartez bientôt en tournée ?

Nino : Pas tout de suite. Là on retourne en studio, on essaye de terminer notre album, ce qui n’est pas une mince affaire. On repartira début juin sur les festivals mais cette fois-ci en France.

Et tout ce passe bien pour l’album?

Nino : Oui ça se passe bien même si un album est toujours une montagne comparé à un EP. Un album tu peux facilement remettre en question les chansons que tu as écrit il y a quelque mois, l’EP tu as à peine le temps de te poser des questions qu’il est déjà en ligne. C’est plus instinctif que l’album. (rires)

Sébastien : Et l’enjeu n’est pas le même avec un album. On t’attend toujours plus au tournant !

Nino : Après c’est normal qu’on se pose des questions mais on veut dans tous les cas que ça nous plaise. Et puis si on a voulu créer une chanson à un moment donné c’est qu’elle s’inscrit dans un parcours donc qu’elle est légitime.

Revenons un peu sur la genèse du projet. Comment vous êtes vous tous rencontrés ?

Sébastien: Au départ j’avais un projet en solo et j’en ai eu ras le bol. Je cherchais surtout des bons musiciens qui soient motivés et un peu fun, c’est comme ça que je les ai rencontré. Au départ c’était un album hybride avec un mélange de mes chansons sur lequel eux jouaient par-dessus, puis au fur et à mesure il y a eu une sorte de passation, de partage et aujourd’hui on est clairement un groupe.

Nino : D’où la grande différence des sonorités entre le premier album L’Evadé et l’EP Bless(e) You . Il y a eu beaucoup d’évolution, on est passé par beaucoup de recherches. Je pense qu’on a trouvé notre cohérence !

Sébastien: Totalement. Avant chacun avait sa chanson puis tout le monde s’est aperçu qu’il fallait qu’on rame tous ensemble pour ne pas laisser le bateau faire du surplace. Nino s’occupe de la production. Ils rassemblent toutes nos idées pour en faire un tout cohérent mais qui garde son éclectisme.

Les textes ont un côté militant ?

Sébastien : C’est toujours ambigu de répondre à cette question car à partir du moment où tu chantes et que tu es sur scène il y a une forme d’engagement. Je ne pense pas que ça soit du militantisme, cela se traduit plus comme un point de vue. Il n’y a aucune envie de faire la leçon, n’importe qui y trouve ce qu’il souhaite. Je n’épouse pas une cause, je préfère chanter le constat car je ne détiens pas la vérité.

Votre plus beau souvenir de scène ?

Sébastien: Pékin ! C’était le 150ème concert du groupe, et on fêtait les 34 ans de notre DJ Slade. C’était tellement rempli qu’ils ont refusé du monde à l’entrée. C’était une atmosphère de fête.

Nino : Après il y en a plusieurs. Par exemple à Canton lors de notre tournée, les flics avaient installé une espèce de cordon sanitaire et à la fin tout le monde a quand même réussi à traverser pour monter sur scène. Après j’avoue qu’on les avait un peu chauffé. (rires) Mais ce sont des débordements dans le sens positif du terme.

Plus d’hystérie qu’en France ?

Sébastien : Oui. En France il faut avoir une renommer de star pour faire ça et là nous n’étions connu ni d’Eve ni d’Adam. On a le ressenti que le public chinois est super frais.

Nino: Comme ils ont moins accès à la culture, ils profitent vraiment lorsqu’ils le peuvent. Ils ne comprennent peut être pas les paroles mais ils vivent l’émotion.

Sébastien : On avait entendu plein de choses sur le public chinois. « Faites gaffe il est super froid, s’ils n’applaudissent pas c’est pas grave. » Alors qu’au final c’était tout l’inverse. Ils sont à fond ! Surtout quand tu sais que le public français n’est pas toujours connu comme étant le plus chaleureux.

Culture Sauvage pour Babel ?

Sébastien : L’association Kokopeli

Nino : Le téléchargement illégal.