NORD ou Xavier pour les intimes est un chanteur qui chante l’amour, celui qui s’en va, revient. NORD chante le doute, la fuite, le sentiment, la dispute. Mais NORD c’est aussi un dandy adorable, drôle avec lequel on a échangé de bon matin, le temps d’un café.

Qui es tu ?

J’ai 34 ans, j’habite à Rouen et je fais de la musique depuis que j’ai 16 ans mais cela fait deux ans que je suis en solo sous le nom de NORD. Je ne connaissais personne lorsque je suis monté à Paris, je venais de la province selon les parisiens (rires). J’ai rencontré des personnes formidables, fait écouter mes chansons, rencontré mon futur éditeur, signé chez Universal Publishing, eu un tourneur… Et là je viens de sortir mon deuxième EP.

Rouen ? … Ça me dit quelque chose. C’est dans le sud ça ! 

Oui voilà. (rires) Pas loin de Perpignan. Il y a un petit café, Le Café de la Brique. Avec une ambiance un peu dure sur l’homme.

Dure sur l’homme ? 

C’est une expression qui est le plus souvent affiliée au sport. On dit d’un footballeur qui a tendance à tacler un peu trop souvent qu’il est « dur sur l’homme ». Ça s’applique au boxeur également. Mais tu peux utiliser cette expression pour beaucoup de choses.

Ta musique est dure sur l’homme par exemple ? 

Non je ne pense pas. Je n’aime pas du tout la dispute, la bagarre. J’ai du mal avec les gens qui se prennent la tête et j’ai d’ailleurs tendance à fuir le conflit. Je l’ai beaucoup vécu et ça m’a énormément saoulé.

Le premier titre de ton EP est « L’amour s’en va ». Fuite? 

Oui. Fuite, doute et faille. Le doute est permanent dans cette chanson. Il faut savoir que je travaille un peu comme un beatmaker, donc un soir je suis rentré chez moi, j’ai samplé une basse et j’ai créé un morceau de quinze minutes sur lequel j’ai posé mes pensées. C’était un soir de doute de l’amour. L’idée était de partir sur un constat intimiste pour le généraliser et tenter de trouver une définition à ce sentiment. Mais c’est presqu’impossible sachant qu’aucune définition n’est plus exacte que l’autre. L’amour est pluriel. Mais j’ai tout de même du faire des coupes dans le morceau pour éviter qu’il ne dure trop longtemps. Par exemple « l’amour, c’est comme un canapé »… Ça n’avait aucun sens. (rires)

Le clip vient d’ailleurs de sortir. 

Oui. Il est réalisé par Alexis Delahaye avec qui je voulais travailler. Il a été très rapide et il a su proposer une nouvelle image, un nouvel univers. Je vois les trois derniers clips comme une sorte de triptyque, un parcours dans lequel on voit trois personnages évoluer. J’avais envie de partir vers autre chose avec « L’amour s’en va », en finir avec le noir et blanc pour mettre de la couleur.  On a tourné au Havre, dans une ambiance très portuaire qui collait bien avec la solitude sous-jacente évoquée dans cette chanson. Je n’avais pas envie d’un truc grandiloquent, je voulais une simplicité, une intemporalité et je suis très content du résultat.

Et la genèse de « Drunk »? C’est une histoire vraie?

Complètement. C’est vraiment arrivé en Lituanie. J’y suis allé plusieurs fois et j’allais souvent dans un bar près de l’ambassade française. Là-bas il y avait plein de français qui essayait de baragouiner en lituanien-anglais-français dans une atmosphère où il y avait beaucoup d’alcool, de substance, c’était une impression assez spéciale. Certains s’engueulaient carrément. Je ne suis pas anglais et j’ai un accent de merde mais j’avais envie de faire un gimmick autour de ça. Donc cette chanson est à la fois un constat et une auto-fiction.

Il me semble que tu seras très prochainement aux Francofolies notamment pour le Chantier des Francos. Comment te prépares tu ? 

On a vraiment bossé en profondeur le set avec des coachs scéniques, vocaux, et une chorégraphe. Ça m’apprend beaucoup et ça me fait un bien fou !  J’ai pu corriger plein de choses, autant scéniquement que dans la vie de tous les jours. J’ai le sentiment que j’apprends constamment et que je suis toujours en train de progresser. Je travaille également sur ma concentration et sur mon insatisfaction à la fin des concerts. Tout n’est pas gagné à ce niveau là mais je m’améliore et j’y travaille. (rires) Bref, je serai prêt et j’ai hâte.

Culture Sauvage pour NORD? 

Dada et punk !