De cette journée à Bourges ce mercredi 13 avril, la programmation des découvertes Inouïs est à l’image du temps capricieux, entre éclaircies soul et tempête rock.

Louis Aguilar : Malgré son look parfait de hipster avec le combo barbe, chemise à fleur, lunettes (et casquette volée à Sasha Ketchum), c’est une tendre retenue folk, qui ne s’empêche pas quelques détours rock, que diffuse cet Inouïs picard. Avec une boussole soul qui affole son aiguille à chaque chœur cristallin, ça coule (de source), et ça sent bon le plancher en bois d’un refuge isolé au 22.

Allenstone déballe le grand jeu avec un batteur hors norme, à l’image du reste de ses musiciens. Le hippie soul et R’n’B balance mille nuances de timbres, notamment sur la moins festive et plus intimiste « I know that I wasn’t right » qui émeut un public confortablement installé au fond des sièges moelleux de l’Auditorium. La remontée dans le temps va du look des années flower power à celui chic et rétro de l’Amérique bebop des année 50 avec Léon Bridges qui prendra la relève quelques temps plus tard, avec un groove mythique et des pas de swing imparables.

June Bug 3

June Bug fait office de première surprise rafraichissante de la journée, si l’on outre passe le violent orage qui s’est abattu en fin d’après midi du ciel capricieux sur une Bourges vrombissante de tonnerre et de décibels. Le duo Inouïs du Nord Pas De Calais, sous de faux semblants de chansons pop, prend des diagonales de créativité enfantine géniales, qui rompt le confort cotonneux des guitares pour des distorsions et percussions électroniques, sans oublier quelques instruments jouets, la merveille de l’omnichord en tête de file.

Tandis que seule sur la grande scène, Jain chauffe à blanc le W de sa pop multicolore aux accents ethniques et qu’Ibrahim Maalouf prend le relais avec un jazz-rock héroïque et surpuissant, le 22 continue de bourgeonner.

Norma oscille avec sa guitare entre garage et gospel, un batteur et un orgue en soutien pour épicer son charme abrasif venu du Midi Pyrénées.

TL 1

©Adrien Pollin

Théo Lawrence remporte haut la main la meilleur performance de la journée chez Les Inouïs, un live à l’image de ses titres : classe, rock’n roll et authentique. Accompagné par The Hearts, Théo Lawrence pousse une voix d’une maturité et virtuosité affolantes, l’amour se danse entre un blues et une soul à faire fondre les murs d’une église.

San Carol place la barre au même cran que ce dernier et transcende largement les comparaisons à Joy Division qui émergent aux commissures des lèvres houblonnées. Dans un style qui empreinte tant au krautrock qu’à des chants pop qui ne rentrent pas dans les cases, un sentiment de danger plane derrière les cinq garçons qui transpirent l’instinct animal et font la bande son du concept du surhumain.

San Carol 1