Depuis l’année 2015, les anciens lauréats des Inouïs surfent sur les scènes françaises avec une notoriété installée, comme si être mis en lumière au Printemps de Bourges avait insufflé aux groupes une belle dose de photosynthèse, parmi lesquels douze viendront reprendre la température cette année : JC Satan, Grand Bland, les dandys Feu ! Chaterton, Odezenne, l’explorateur Thylacine, Last Train…

Mais place aux « jeunes pousses », en filant la métaphore bucolique et s’il fallait ainsi nommer les groupes qui ont déjà usé leur semelle et versé leur lot de sueur sur les scènes de France. Cette édition promet de belles (éclosions) découvertes, et voilà une petite sélection des artistes qui nous ont déjà conquis :

 

POP ROCK

 

Norma

Dès les premiers accords ensoleillés on embarque dans un road trip sur le cuir de leur Volvo, où bières et tatouages font partie du paysage. Norma fait penser à un Mac DeMarco passé aux guitares fuzz ou au groupe féminin garage croquignolet Hinds et Habibi, en plus espiègle.

 

Théo Lawrence

On en a déjà parlé, Théo Lawrence résuscite la soul, le blues et le gospel américain avec des compositions qui transcendent ces styles. Avec une voix divine, le jeune homme de 20 ans concourt dans les mythes du rock avec humilité et authenticité avec son band The Hearts.

 

Le Colisée

Les belges ont ce bon gout du psychédélisme pop qui donne des sensations de caléidoscopes aux oreilles. Entre les Beach Boys et Laurent Voulzy en passant par Caandides, les songes ouatés distillés par les cinq bruxellois coulent sur nous comme un bain de nuages.

HIP HOP

 

Young Ice’s Babe

Old School et dansant, le rap chanté en anglais veut se faire échos au mainstream américain qui mix hip-hop et dubstep : dès la première lecture on veut se croire un samedi soir autour d’un battle de twerk.

 

ALADIN 135  

Avec ce qui semble être un pseudo MSN, ALADIN 135 a la parole libre et le verbe acerbe de l’adolescence nihiliste : « Y a personne qu’a des couilles dans ce monde de merde ». Ego trip nostalgique et tableau sombre des rues parisiennes, c’est dans le XIIIe arrondissement que cet Inouïs a émergé, et a déjà eu la reconnaissance des paires avec un featuring avec Nekfeu.

 

KillASon

Beatmaker et danseur, le cran est placé directement là où ça fait bouger. Rythme ultra rapide et flow à l’américaine maitrisée, KillASon semble autant influencer par MIA que Die Antwoord, avec une classe évidente dans ses chorégraphies.

CHANSON / WORLD

 

Nord

Sur ses mélodies électroniques Nord pose des mots d’amour pour ouvrir les blessures et les panser. Orchestration et complainte nostalgique, NORD glace de ses larmes avec la classe du dandy parisien.


Palatine

Vincent Ehrhart-Devay, l’âme du groupe folk Horla, le guitariste auteur-compositeur Jean-Baptiste Soulard, Adrien Deygas à la contrebasse et Toma Milteau à la batterie partage le même univers post-folk, Nick Cave et Anthony and The Jonhson dans leur constellation. Bilingue, feutrée et résolument blues, Palatine est hypnotique et apaisante.


Fishbach

Sur la synthwave des eignties un brin lugubre qu’elle fait sienne, Fishbach pose sa voix prodigieuse qui l’a fait immanquablement comparée à celle de Catherine Ringer. Rétro et obscure, c’est pourtant une modernité juste et des textes poétiques et authentiques que profère la jeune femme aux yeux sauvages, pour une messe noire et jouissive en live.


ELECTRO


Sin Tiempo

« Enfant prodigue » et électronique du label Tolva Records, le lyonnais encode une pop épique au basse lourde et au synthé aérien. Narrant le voyage chimérique, Sin Tiempo rappelle Grieffjoy également présent pour cette édition 2016.


Petit Biscuit

Comme Thylacine ou Fakear le multi-instrumentiste, Mehdi Benjelloun assemble savement percussions, guitares et claviers avant de sampler des voix envoutantes venues d’un autre monde. Un voyage galactique et onirique aux vertus zen.


Clément Bazin

Professeur de steeldrum au conservatoire, instrumentiste pour Woodkid, moitié du duo Hijacked, Clément Bazin a le CV d’un créateur électro pop génial. Ca se confirme largement autour des clips et des lives où la vidéo a la même importance. Un peu le thésard de l’électro avec option cinéma.