Cadet parmi les Inouïs du Printemps de Bourges, Théo Lawrence est empreint d’une aura de maturité que le single « Heaven To Me » ne fait qu’épaissir. Puisant ses inspirations aux sources blues et soul du rock’n roll, le jeune homme de Gentilly maitrise parfaitement les codes des classiques de la musique américaine et les sublime avec sa voix qui semble directement connectée à son âme. Rencontré autour d’une citronnade,  chemise rockabilly et gomina, Théo Lawrence a répondu à nos questions avec sagesse et délicatesse.

D’où te vient cette vocation pour la musique américaine blues, folk et soul ?

J’ai fait mon éducation musicale seul en cherchant et en achetant des disques, et en écoutant beaucoup de musique. Quand j’écoute un panel de genres musicaux différents, c’est toujours ces musiques là qui me touchent le plus, directement dans le cœur. J’ai une réaction viscérale à la soul et au blues.

Quels groupes t’ont amené à devenir musicien ?

D’abord les Rolling Stones, Beatles, puis je me suis intéressé à ceux qui avaient influencé ces groupes. J’ai remonté l’arbre généalogique, et je suis resté à la racine : Irma Thomas, Aretha Franklin, Bo Diddley, Bob Dylan, Frank Williams et tellement d’autres.

Par quoi as tu commencé : le chant ou la guitare ?

J’ai commencé à apprendre la guitare, dès que j’ai su faire quelques accords j’ai tout de suite écrit des chansons. J’ai monté un groupe dès la sixième au collège. Personne ne savait jouer, j’ai appris à nager en sautant dans l’eau.

Ecrire des chansons en anglais à cet âge n’a pas posé de problèmes ?

Quand j’étais petit, j’étais dans une école bilingue, et ma mère est franco-canadienne, donc non pas vraiment. Et j’ai écouté de la musique anglo-saxonne durant toute mon enfance. D’ailleurs quand il y a un accent français dans un chant anglais, autant le faire dans sa langue maternelle pour que ce soit plus authentique.

Jusqu’à maintenant ton style était très blues, country, folk. La soul c’est nouveau ?

Ca fait depuis longtemps que je faisais de la soul, mais chez moi ou au studio. Là on sort vraiment publiquement la musique.

De quoi parle tes chansons ?

On a un 45 tour qui va sortir : sur la Face A c’est une histoire d’amour, la passion éternelle, où je vois la vie en rose ; la Face B est une ellipse dans le temps, tout a merdé, c’est le revers de la médaille. C’est principalement des chansons d’amour, même si je chante parfois des choses du quotidien.

En parlant d’amour, le groupe qui t’accompagne s’appelle The Hearts. Comment vous êtes vous rencontrés ?

Quand j’ai quitté Velvet Veins, je connaissais déjà les musiciens avec qui je suis aujourd’hui, à l’exception de Victor Méchanick. On s’est formé sur une année, il n’y avait qu’Olivier le bassiste de Velvet Veins qui fait partie aujourd’hui de The Hearts. Pour les autres c’est des musiciens que j’avais vu jouer et que j’admirais. Comme j’ai complètement flashé sur eux, je leur ai demandé de venir jouer avec moi, et on est devenu potes. Depuis l’été dernier on joue tous les cinq en sous-marin, mais on n’a fait que répéter, là on est super excité d’aller sur la scène et présenter au gens pour la première fois ce qu’on a préparé.

Le virage soul, ça influence ta manière d’envisager le live, la scène ?

Quand tu chantes de la folk ou de la country, c’est du storytelling sobre qui consiste à raconter ce qui t’es arrivé la semaine dernière, le plus souvent assis sur une chaise ou un tabouret. C’est une musique de témoignage. La soul c’est la même chose, mais si tu prétends en faire, l’engagement n’est pas le même, faut que tu y ailles à fond, corps et âme. Ce n’est pas simplement chanter mais c’est se brûler et se mettre à nu pour être crédible. On ne peut pas y aller tranquille, pour toucher les gens il faut tout donner. A la fin de chaque concert tu dois te sentir comme à la sortie d’une église gospel. C’est pas le Club Med.


Comment vous avez enregistré l’album ?

On l’a enregistré au Black Box Studio avec Peter Demey, c’est le meilleur ingénieur du son que j’ai rencontré. On a tout enregistré en une seule journée, et tout ensemble : musique et chant. Il n’y a que les chœurs qui ont été rajoutés après.


Culture Sauvage ?

La seule qui vaille.

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Théo Lawrence and The Hearts seront le mercredi 13 Avril sur la scène du 22 d´Oron au Printemps de Bourges.

https://theolawrencemusic.bandcamp.com/album/heaven-to-me-single

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