Avec son premier album « 20° 30’S 29° 20′ W » sorti chez Cracki Records, Caandides offre un ticket pour une destination estivale et futuriste qui vaut au groupe des comparaisons avec Animal Collective. Sous la tempête numérique, ça sent bon la plage et l’iode de Lost, décor propice à la contemplation d’un horizon multicolore lors d’une brasse en pleine mer.

Dès la première écoute, ça glisse sur le lobe de l’oreille pour se perde au fond du pavillon : une chute à la Lewis Caroll, mais une chute en l’air. « Le pays des merveilles » comme la naïve Alice : Caandides n’a pas seulement une identité, mais un univers. Et pas n’importe lequel, celui « d’une île au large des côtes de Trinidad, survolée par un ovni en janvier 1958 ». Album intitulé selon ces coordonnées géographiques, « 20° 30’S 29° 20′ W », les six Caandides proposent un voyage onirique et atypique.

Et si on parcourt ces paysages avec jubilation, les contours des structures restent flous, l’expérience est unique. D’abord parce que le principe ultra binaire de la musique électro plane sur les douze titres sans se cracher sur les temps. Avec ces rythmes aériens, le voyage est à la fois cosmique et liquide. Le cap expérimental s’oriente selon les quatre points cardinaux de la pop : basse qui groove, ornements rythmiques, nappes de synthé et voix tubesque qui rappelle celle d’Ellery Roberts (WU LYF, LUH), sans les éraillements. Quelques comètes de trompettes, des guitares et un soupçon d’orientalisme, la galaxie prend des teintes d’arc en ciel infini, de galerie d’art contemporain. Si quatre des titres se font échos en prenant le nom « Winter », distingués entre eux par une numérotation latine, la teinte générale est chaude, malgré le froid attribué traditionnellement aux machines.

Hybride et magique, la musique de Caandides ne se saisie que par la folie d’un psychédélisme électronique pop et tropical d’un nouveau genre que Noé Beaucardet, Dylan Collins, Lolita Do Peso Diogo, Jules Négrier, Théo Schittulli et Gabriel Wéber diffuseront à grands remous le 16 avril au Badaboum à l’occasion du Disquaire Day.