C’est au 52 rue Châteaudun qu’on part à la rencontre de François et Lisa qui forment le duo Éléphant. Malheureusement coincée dans les bouchons, Lisa ne prendra part à l’interview qu’en toute fin, pour notre éternelle question Culture Sauvage (à laquelle, elle a répondu avec brio).

En attendant on a échangé avec François sur ce second album, la séparation et l’amour.

Votre deuxième album est sorti le 1er avril. Comment vous vous sentez ?

Un peu étrange. On s’attend toujours à ce qu’il se passe quelque chose de spécial mais en fait ce n’est que ton album qui sort, rien de plus. Après, j’ai quand même hâte que les gens le découvrent.

La même sensation que pour le premier?

Non, c’est complètement différent. On ne s’attendait vraiment pas à tout ce qu’il s’est passé lors de la sortie du premier album. On a été de surprise en surprise. Aujourd’hui on n’est plus une découverte à proprement parlé mais on a plus d’expérience et plus de recul pour pouvoir parler de ce qu’on fait. On est plus solide, plus mûr.

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J’imagine que ce n’est pas la seule différence. Par exemple, vous étiez ensemble lorsque le premier album est sorti, aujourd’hui vous êtes séparés. Comment fait on pour se séparer dans la vie mais continuer malgré tout son projet artistique?

On fait comme on peut. (rires) On aime avant tout ce qu’on fait musicalement et c’est un incroyable moyen de garder ce lien fort qu’il y a entre nous. Avec Lisa on était des amoureux, on est resté huit ans ensemble donc on se connaît mieux que personne. On s’est séparé pendant la construction du deuxième album, mais même si on a souffert, on a tellement vécu de choses ensemble avec Éléphant, tellement de moments inoubliables qu’on ne voulait pas enterrer tout ça parce qu’on se séparait. Et on a bien fait car on adore ce deuxième album. Ça prouve que même dans le malheur de belles choses peuvent ressortir. De la loose nait parfois quelque chose de lumineux.

Tu penses donc que le spleen est bel et bien source d’inspiration?

Oui complètement. La tristesse est inspirante et surtout la rupture. On a besoin de morceaux de vie pour composer, qu’ils soient heureux ou tristes. Etrangement je trouve l’amour joyeux plus difficile à raconter que l’amour triste. Quand tu es malheureux, tu es à l’écoute de ce que tu ressens, de tes émotions. Tu t’analyses beaucoup plus que dans les périodes de pur bonheur, c’est notamment ce qui te permet de comprendre que la rupture possède aussi quelque chose de positif, une sorte de renaissance. Lorsque tu te sépares, tu ressens souvent comme une urgence à rebondir, à repousser tes limites. Personnellement, je suis partie voyager pendant deux mois tout seul, au Mexique. Je m’autorisais à faire des choses que je n’avais encore jamais faites. C’était libérateur.

Il y a donc du bon dans la rupture !

Oui. On réalise beaucoup de trucs. En couple il faut penser à l’autre mais également savoir placer son ego, se faire plaisir tout en faisant plaisir. La rupture te permet de ne pas concevoir la vie qu’à deux. Cela se voit d’ailleurs dans notre second album. On a chacun notre place, on se répond, on prend tous les deux la parole sans pour autant chanter constamment à l’unisson, comme on le faisait sur le premier album. On est un duo mais tout ne se fait pas à deux.

« Touché Coulé » comme premier titre annonciateur de l’album, c’était un choix commun ?

Oui car c’est notre titre favori, celui qu’on avait envie de mettre en avant puisqu’il représentait bien tout un pan de l’album assez électro et dansant. Il y a un côté plus dark dans l’album qu’on a moins eu envie de mettre en avant même si on l’assume pleinement.

En parlant de « dark », il m’a semblé lire quelque part qu’auparavant vous aviez eu de mauvaises expériences avec les maisons de disques?

La musique est un business redoutable et qui se permet de dire des choses aux artistes qu’ils ne devraient pas. Après ça fait partie du jeu, mais je le trouve assez négatif. C’est pourquoi on travaille énormément en huit clos avec des gens qui ont l’envie, la passion. On aime s’entourer de gens positifs, ça nous permet d’avancer.

Justement le titre Respire parle du fait d’accepter la vie avec ses bons et mauvais côtés. C’est votre philosophie de vie ?

Je dirais que c’est ce qu’on tente de s’imposer à nous mêmes. Difficilement, car comme tout le monde on aime se projeter. Je crois que relativiser est un truc que les artistes ont du mal à faire. Mais puisqu’on décide de son entourage, qu’on tire les ficelles de notre vie et qu’on est mettre de soi-même… Nous sommes tous forcément un peu responsables de ce qui nous arrive chaque jour.

Culture Sauvage pour Éléphant?

Lisa : Poil !

François : Je dirais indépendant, donc disons: un poil indépendant.

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Foncez écouter le dernier album d’Éléphant 

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