We Are Match, c’est cinq potes, cinq musiciens, qui un jour ont décidé d’expérimenter ce que pourrait donner la musique tous ensemble. Bien leur en a pris, véritable révélation de la fin d’année 2015, We Are Match s’apprête à tout embarquer cet été avec notamment l’annonce toute récente de leur participation au festival Solidays. 

En attentant les beaux jours, discussion avec Aurélien et Gwenaël autour de leur parcours, leurs inspirations et leur passage à l’âge adulte.

Vous vous connaissez depuis longtemps? 

Aurélien: Ceux qui se connaissent depuis le plus longtemps sont François et Simon qui se connaissent depuis le CM1 sinon on a gravité tous les uns autour des autres depuis qu’on a environ 12 ans.

Et pourtant le premier projet musical est sorti qu’en 2012. 

Gwenaël: En fait chacun faisait des expérimentations de son côté. On se montrait nos démos, nos créations et un jour on s’est retrouvé dans une ferme un été pendant deux semaines avant le premier EP. On a fait de la musique ensemble vingt quatre heures sur vingt quatre, on s’est bien marré. Et en revenant à Paris, on s’est dit qu’on allait enregistrer tout ça et se lancer.

L’album est très éclectique, vous aviez une ligne directrice tout de même ? 

G: C’était justement ça notre ligne directrice: faire des expérimentations tous ensemble. On savait déjà que l’album s’appellerait Shores, cette image de rivage, de nous au milieu de nulle part nous plaisait.

A: On pense qu’il faut souvent penser la musique avant de la faire. Donc nous avons  énormément conceptualisé le projet, il fallait qu’il soit clair sachant que  tout le monde a son mot à dire dans le groupe, donc ça doit forcément passer par beaucoup de discussions tous ensemble. C’est une des raisons pour laquelle on s’est de nouveau isolé dans une maison à une heure de Paris, pour l’album.

G: D’ailleurs l’album représente un peu cette maison. Dans chaque pièce on a eu une émulsion musicale, on est en mesure de te dire quel morceau correspond à quelle pièce.

A: Par exemple, Over the Sea c’était dans un sous sol, où on parlait de la légende de l’ouroboros et ça nous faisait triper donc on en a fait un morceau. (rires)

Comment est ce qu’on arrive à ce qu’un projet ressemble à cinq personnes, que j’imagine très différentes?

A: Il n’y a pas de méthode miracle. On a réussi à ce qu’il  y ait une identité propre à chacun d’entre nous dans tout l’album. On ne sait pas trop comment c’est arrivé mais ça l’a fait !

G: Par exemple, nos chansons préférées sont toutes différentes (rires).

J’ai lu quelque part, que Miyazaki était l’une de vos inspirations. L’album est un peu le Voyage de Chihiro? 

G: Oui, d’un certain côté. Le Voyage de Chihiro est la métaphore du passage de l’enfance à l’âge adulte et c’est ce que représente l’album pour nous. Artistiquement on a produit ça seul, car on avait vraiment le besoin d’explorer, d’apprendre, pour en sortir grandi.

A: Et lorsqu’on voit notre dernier clip, il y a clairement quelque chose de japonais.

Et la pochette de l’album, qu’est ce qu’elle évoque pour vous? 

G: Shores est très personnel, ce qui signifie un peu compliqué puisque ce n’est pas forcément ce que les gens ont l’habitude d’écouter.

A: On voulait dédramatiser cette complexité de l’album avec une pochette relativement simple, presque pop, puisque c’est la musique qu’on fait. Même si celle-ci peut être complexe, le propos doit tout de même rester abordable.

Quelle est votre définition de la pop? 

G: Je dirais dansant et compréhensible. Que quelqu’un puisse l’écouter en se disant « tiens c’est cool ».

A: De manière superficielle, on avait comme objectif que tu puisses mettre l’album en soirée et chiller autour. Quelque chose d’un peu passe partout mais qui parfois t’interpelle. Une musique que tu peux mettre en fond, qui te fait du bien et ne te dérange pas.

Je ferais le test lors de ma prochaine soirée alors. Vous êtes fiers du chemin parcouru? 

G: Je ne sais pas si on peut appeler ça de la fierté. Disons qu’on est heureux de pouvoir jouer sur scène des morceaux qu’on a créé tous ensemble, entre amis. Ça représente beaucoup pour nous.

A: Encore plus lorsqu’on a enregistré avec  The Grand Budapest Orchestra quelques chansons. C’était grandiose d’entendre nos musiques de manière orchestrale. On en a pleuré. (rires) C’était dingue comme expérience.

Si il y a un deuxième album, vous repartirez seuls dans une maison au beau milieu de la forêt ? 

A: Non pas cette fois-ci.  On voit ça de manière un peu différente. C’était cool d’avoir cette sorte de chaos, mais on veut changer nos méthodes de composition, se risquer à autre chose. On a besoin de se renouveler, d’échanger différemment pour nous amener à faire de nouvelles choses.

G: En restant dans le même processus de création on a eu peur de stagner. Le changement de lieu apporte beaucoup de chose. En appartement par exemple tu oublies le blues.

Culture Sauvage pour We Are Match? 

A: Land art.

G: Street Art.