Un EP « TrenteTroisTours » humble et juste intégré dans un « clair-obscur ». Un croisement de Hip-Hop qui fonctionne et qui touche les âmes égratignées par une vie qui se définit simplement, sous l’angle du paradoxe.

PiERRO appelé également Pierre Rochefort, s’entoure et s’entoure bien. Tel un feu d’artifice en plein hiver. Des rappeurs, tels que Udada, Hippocampe fou, L’Azraël, Enz, Fredo Faya, Neobled, Swift Guad, Y, Indi.K et Loren rejoignent cette belle fresque rythmée, poétique et parfois cynique. Un style distinct qui étonne et nous laisse songer au champ des possibles musicaux. Une ouverture qui fracasse les esprits figés. Des mots qui se percutent et s’entrechoquent pour nous laisser entrevoir et deviner des îlots de sérénités. Là-bas, quelque part.

Un premier single, un nombre et un chiffre Le Trente et Le Trois  qui forment un cri tel un déchaînement à la fois irascible et calme.

Une chanson sous la forme d’une réflexion, qui nous pousse à chercher une issue de secours.

 

La sortie d’un EP, c’est un instant ébouriffant ou un aboutissement ? Comment pourrais-tu qualifier ce moment ?

Les deux, mon général ! J’en ai sorti deux autres auparavant avec des groupes orientés hip-hop ( Désolé Pour Le Bruit en 2006 et L’Arme à L’oeil en 2001 ) et un autre en rock chanson ( Audrey & The Cookies en 2009 ), mais les sensations sont inédites et grisantes à chaque fois. Le climax étant le moment où l’on tient entre ses mains l’objet pour la première fois.

 « Pour que le melting-pot opère, faut mélanger les arômes » (Kaleidoscope) Ton EP «Trente Trois Tours » est une simple et belle mise en application de cette phrase?

Ce que j’aime le plus avec le fait de faire de la musique, c’est le partage. Plusieurs talents et façons de faire qui s’unissent pour la naissance d’un son que l’on vient arracher au néant. Seul, le champagne a moins de goût, non ?… Comme je ne suis pas musicien, ni beatmaker, je dépends de l’univers d’un autre et ça me convient parfaitement. J’écris mes textes seuls mais j’aime bien gagner en équipe.

Il y a-t-il eu un élément déclencheur qui t’a donné envie de réaliser cet EP ? 

J’avais plusieurs morceaux à l’état de maquettes, ils me faisaient de l’oeil depuis plusieurs mois. Frustré de ne pas pouvoir leur offrir une vie au-delà de mon ordinateur, je me suis lancé dans la réflexion neuronale abusive. J’ai d’abord élaboré une compilation d’au moins 15 / 20 titres et au fur et à mesure j’élaguais pour trouver un semblant de cohérence. Tout en faisant ça, j’ai écris Le Trente & Le Trois , et organisé avec l’aide de mon ami Flab le morceau   Les Etincelles .

Comment considères-tu ton projet ? Comme étant un projet collectif ? Ou comme étant une savante combinaison entre un mode collectif et un mode solo ?

J’ai longtemps hésité à préciser le côté partage par un mythique « Pierro & Friends » mais au final, comme je suis à l’initiative de tous les titres, des thèmes abordés et de chaque invitation, c’est devenu un premier EP sous l’entité « PiERRO » qui adore inviter des amis pour taper le bœuf (aucun animal n’a été maltraité durant l’enregistrement de « TrenteTroisTours »… ).

 

Ton premier EP « Trente Trois Tours » s’inscrit dans le Label Homworkz, parle-nous de ce label. Es-tu à l’initiative de cette création ? Depuis quand existe-il ? Comment est-il composé ?

Ce label existe depuis 2006. Au début, c’est une structure qui aidait à soutenir mon ancien groupe Désolé Pour Le Bruit. A la fin de celui-ci je l’ai gardé en activité pour sortir tout un tas de compilations avec l’aide précieuse de mon acolyte L’Azraël (présent sur le titre Les Etincelles ). Nous avons un logo, un compte Youtube, un Facebook, il nous manquerait juste quelqu’un pour insuffler un peu de stratégie en communication comme on a une marmite sur le feu…

A travers tes textes, tu mélanges habilement un côté sombre et un réel apport lumineux, le tout s’inscrivant dans une forme d’humour quelque peu cynique, c’est ta manière à toi de voir la vie ? 

Oui il me semble. Une belle citation de Camus m’accompagne souvent : «  C’est finalement au plus fort de l’hiver que j’ai compris qu’il existait en moi un invincible printemps ». Je jongle avec différentes humeurs, envies, états d’esprit comme tout le monde et la musique et l’écriture en sont nos plus fidèles traducteurs. J’ai l’impression d’être fortement attiré par les univers sombres et tristes, c’est eux qui me provoquent les émotions les plus vives mais par instinct de survie presque et désir d’espoir, il y a l’humour et la lumière qui chargent au galop et parfois se fraient un chemin.

Quel serait ton plus grand souhait, ton plus grand « kiff » musicalement parlant ?

Je pense souvent à deux choses. Un disque collectif du coup, un vrai, partir à la campagne avec quatre ou cinq MC’s, un ou deux beatmakers/musiciens, et s’enfermer le temps qu’il faudra pour revenir avec un album. C’est un vrai rêve qui me suit depuis longtemps mais compliqué à mettre en œuvre. Le deuxième « grand kiff », un tour du monde hip-hop. Je pars seul ou avec un de mes potes et à chaque pays sa collaboration. On ferait facilement un double disque avec son livre de photos souvenirs. Et ça me plaît de voir à quel point la culture hip Hop a embrassé la Terre entière. Quelque part, je suis fier d’en être.

Selon toi la musique est-elle une manière singulière de s’engager ? Si tu devais choisir une cause, quelle serait-elle ?

 C’est une bonne question. Aujourd’hui, je suis persuadé que c’est un devoir pour chaque artiste de s’engager à travers leurs créations. A leur manière bien sûr. Les mots ont un pouvoir magnifique et sans forcément attaquer les problèmes de société frontalement, l’artiste peut distiller, parfois sans s’en rendre compte, des axes de réflexion, des constats, de l’espoir, des critiques. C’est important de ne pas laisser la futilité et la facilité l’emporter. La politique me dégoute. Je lui préfère l’humain, l’animal et la Planète. Mes futurs combats iront de ce côté, j’attends juste de trouver le bon carquois pour mes flèches. (rires)

Quels sont tes projets cachés juste derrière la sortie de ton EP en digital ?

Nous travaillons actuellement sur la réalisation de 3 clips pour accompagner ce « TrenteTroisTours » du mieux possible. Une fois la promotion passée, je vais me remettre à l’écriture pour un prochain disque ; que j’aimerais différent et que je pourrai défendre sur scène cette fois ci. Tout est possible et envisageable !

Culture Sauvage pour PiERRO ?

Un sticker collé sur un mur, une fresque dans un terrain vague, un concert à l’arraché devant la terrasse d’un café. Un état d’esprit, un désir brûlant qui n’attend pas qu’on lui ouvre les portes pour s’épanouir devant tous.

 

PIERRE VERSO 2 

Un EP qui brise les codes, des influences musicales ici et là, dissimulées finement par touches éparpillées. Un mélange de langages s’appropriant à la fois des mots drôles et graves. Un flow à plusieurs voix, qui nous rappelle que seul, nous ne faisons pas le poids.La force du nombre, parfois, éloignée vers une seule et unique voix, celle de PiERRO.

Une vive recommandation musicale et indispensable.

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Sortie physique le 22 avril 2016

Deezer

http://www.deezer.com/artist/375748

Itunes

https://itunes.apple.com/fr/album/trente-trois-tours/id1083555275

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