A l’affiche de notre salle de ciné préférée, nous avons eu le plaisir de voir programmer le dernier Mamoru Hosoda que nous n’avions pas vu en France depuis 2012. Le grand Miyazaki ayant pris sa retraite, on se sentait un peu nostalgique des films d’animation jonglant entre onirisme et réalité. Apparemment Hosoda a entendu nos plaintes et nous a envoyé son nouveau bijou. On avait déjà pu découvrir sur les écrans Les enfants loups, Ame & Yuki en 2012, c’est avec un nouveau film d’animation qu’il revient : L’enfant et la bête sortie en France le 13 janvier dernier.

Livré à lui-même après le décès de sa mère, Ren 9 ans est totalement perdu. C’est alors qu’il va se retrouver confronter à deux mondes parallèles : Shibuya le monde des humains, et Jutengai celui des bêtes. Contre toute attente, c’est à Jutengai que sa vie va prendre sens. Dans le monde des bêtes il y trouvera une famille de substitution et surtout un père. Ce ne sera pas un père aimant mais il va lui transmettre son savoir, celui de manier le sabre. Cet aspect de la famille adoptive a d’ailleurs été inspiré de la vie du réalisateur, incapable d’avoir des enfants avec sa compagne.

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@Image tirée du film « Le Garçon et la Bête »

La famille et l’importance de l’apprentissage et de l’éducation sont les thèmes centraux du long-métrage, soulignant à quel point les repères parentaux sont essentiels pour le développement de l’enfant. Cette absence de repère pour le personnage principal va compliquer le passage brutal de l’enfance au monde des adultes. Ren, en perdant sa mère va se perdre dans les ruelles sombres et franchir le monde des bêtes qui peut être apparenté au monde des adultes. Il devient alors le disciple de Kumatetsu, cette bête qui ressemble étrangement à la bête de Jean Cocteau. Il semble d’ailleurs que le réalisateur soit bien renseigné sur les contes occidentaux, puisque la baleine de Moby Dick y est également présente. La baleine d’Herman Melville va d’ailleurs se retrouver au centre de la meilleure scène du film, symbolisant la fragilité des hommes et le combat permanent contre eux-mêmes.

@Image tirée du film "Le Garçon et la Bête"

@Image tirée du film « Le Garçon et la Bête »

Plus on avance dans l’histoire moins on peut s’empêcher de se demander qui est l’homme, et qui est la bête. Le comportement des hommes est finalement quasi-sauvage, la ville des humains est envahie par une foule d’inconnus sans visage. L’abandon du père de Ren ainsi que l’agressivité des hommes perçue dans le film, nous pousse à nous questionner sur la situation des hommes et celle des bêtes, très attachées aux valeurs traditionnelles.

Construit comme un conte pour adulte, ce film d’animation est porteur d’un beau message autour de la famille, ainsi que d’une profonde réflexion sur l’humanité. Inutile d’être un grand amateur de la culture nipponne pour en apprécier l’univers à la fois doucement fantastique et terriblement réel.

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Contributrice : Chloé L