On vous présente Her. Ce mystérieux duo rennais composé de Victor Solf et Simon Carpentier, qui ont défrayé la chronique avec la sortie de leur première mixtape, précédée par une performance saisissante aux Transmusicales. On a pu les rencontrer quelques heures avant leur concert complet à La Cigale. Toujours en costard sur scène, le duo est souvent décrit comme sensuel, sexy, très soul et fasciné par les femmes. Mais avant toute chose, tous deux sont des musiciens talentueux qui ont captivé leur public avec une musique simple et puissante, et bien évidemment par leur charme incontestable. 

Parlez-nous un peu de vous. Comment décrivez-vous ce projet musical ?

Simon : Pour la petite histoire, avant on avait un autre groupe qui s’appelait The Popopopops, il y a quelques années sur Rennes. C’est comme ça qu’on s’est rencontré et qu’on a créé un duo.

Victor : On a créé Her il y a un an, on est un duo de deux chanteurs et musiciens. On compose, écrit, et produit tous nos titres nous-mêmes, et puis on a des musiciens qui nous accompagnent quand on joue en live. On travaille ensemble ou séparément, parfois on confronte nos avis, mais ça reste des compositions très personnelles.

Pourquoi vous avez choisi le nom Her ?

Victor : Her, c’est avant tout, toutes les femmes qui nous inspirent. Ça évoque aussi la sensualité qu’on essaye de mettre dans nos chansons, parce qu’on est très proche de la soul music. Le thème de la féminité nous touche beaucoup, on aime beaucoup ce nom.

Certaines de vos chansons parlent d’événements qui concernent les États-Unis et vous chantez d’ailleurs en anglais, pourquoi ? 

Victor : Ce sont nos parents qui nous ont fait écouter  de la musique anglo-saxonne et au lycée on avait du mal à se retrouver avec toute la scène française qu’il y avait à l’époque. On aimait bien les groupes comme The Strokes, Arctic Monkeys et Franz Ferdinand, ce sont vraiment les groupes anglais qui nous ont donné envie de faire de la musique.

Simon : Après pour Her, nos influences principales viennent des États-Unis, avec la black music. On ne s’est jamais posé la question de chanter en français ou en anglais. J’ai vécu un an aux États-Unis au lycée, et Victor est né à Düsseldorf en Allemagne. C’était très naturel pour nous de chanter en anglais, parce que ça correspond à ce qu’on écoute et ce qu’on a vécu.

À part votre concert aux Transmusicales en décembre dernier, vous avez fait pas mal de buzz avec la sortie de votre premier single « Quite Like, » vos clips séduisants, et même une chanson sur le porno… cherchez vous à provoquer ? Dans quel but ?

Simon : Je ne pense pas que ça soit de la provocation. On parle des choses intimes et avec humour. « Point of view »  parle de quelqu’un qui regarde du porno, mais ce n’est pas de la provocation, je pense que c’est assez sincère. L’histoire de l’EP, c’est justement la rencontre amoureuse, avec « Quite Like » c’est le désir, avec « Five Minutes » c’est la rencontre, le coup de foudre.

Victor : Pour les clips, on essaye de raconter une histoire en trouvant la vidéo pour sublimer la musique. Pour ça on a travaillé avec des gens qui ont leur propre interprétation et on a bien aimé le discours du réalisateur.

Vous vous dites féministes dans d’autres interviews, comment définissez-vous le féminisme et pensez-vous que vos chansons sont en adéquation avec cette définition ?

Victor : On aime la féminité avant tout. On n’a pas peur du féminisme, on n’a pas peur de dire ce qu’on pense, je répondrais qu’on l’est.

Simon : Au-delà du féminisme, ce qui nous intéresse c’est de parler de la féminité avec respect, intimité, et avec amour, voilà !

Pourquoi avez-vous décidé de sortir vos chansons une par une plutôt qu’un album entier ?

Simon : Comme on raconte une histoire dans Her Tape #1, on voulait la présenter petit à petit, comme c’est un nouveau groupe, c’est toujours bien d’arriver avec un titre, surtout aujourd’hui où c’est dur de capter l’attention des gens, on a voulu commencer avec une chanson et puis raconter une histoire au fur et à mesure.

Victor : On voulait préserver le mystère autour de notre nom et on a mis beaucoup de temps à divulguer nos visages et mettre des photos de nous sur Internet. Et là c’est le même processus, on ne voulait pas trop donner d’informations, que les gens se fassent leur propre opinion et idée sur la musique sans que l’on les guide. C’est quelque chose qu’on aime aujourd’hui, cette nouvelle façon de communiquer sur la musique. Il ne faut pas essayer de trop en mettre, au contraire. On a eu beaucoup de retour sur Soundcloud, alors qu’on avait rien, seulement une photo qui était la pochette, et je pense que si on avait rajouté des éléments, qu’on avait sorti des clips tout de suite, qu’on avait annoncé une date de sortie de l’album, ça aurait cassé le mystère. C’est comme dans une relation amoureuse, il faut créer le désir.

De quel genre de tournée ou de concert rêvez-vous ?

Victor : Avec Otis Redding, Michael Jackson, David Bowie… que des gens décédés en fait !

Simon : Notre rêve ce serait d’aller aux États-Unis et jouer avec des artistes de là-bas, faire des festivals. On va continuer à sortir de la musique. On a pas mal de concerts qui se préparent et on espère faire un maximum de festivals. On fait la première partie de Foals en février à Lille et à Lyon et on joue au Great Escape en Angleterre.

Quels sont vos coups de cœur français en ce moment ? 

Simon : Born Idiot, c’est l’autre groupe de Louis qui nous accompagne en live !

Victor : Last Train. Blow c’est énorme (rire) ! C’est aussi le groupe de notre bassiste Thomas.

Pour finir, on entend beaucoup de vos fans qui se demandent si vous êtes célibataire. Alors ? 

Victor : Alors, je suis marié avec une femme exceptionnelle, je parle d’elle dans certaines chansons.

Simon : Non, il ne faut pas répondre à cette question, c’est une question piège ! (rires) Et moi, c’est un secret.

Culture Sauvage pour Her ?

 La pub de Johnny Depp : Homme Sauvage !

Her2