À l’extérieur du Pop Up du Label, sous un pont en pierre quelques heures avant le début du concert complet, nous avons eu la chance de parler avec l’artiste folk, américano-uruguayen Juan Wauters. Portant un col-roulé rouge et une cagoule, Juan a toujours le sourire. Il est extrêmement terre-à-terre et nous diffuse une énergie positive et une sympathie qui explique pourquoi autant de gens attendaient de le rencontrer avant et après son concert, pour des photos et des interviews.

Parle-nous un peu de toi : est-ce que Juan Wauters est ton vrai nom ? D’où viens-tu, où vis-tu actuellement, quand est-ce que tu as commencé à faire de la musique… ?

En fait, c’est Juan Pablo Wauters, qui se prononce « Vaters », mais depuis que je suis arrivé aux États-Unis, on le prononce « Waters ». Je suis parti d’Uruguay avec ma famille pour m’installer à New York quand j’étais adolescent et j’ai commencé à faire de la musique comme un hobby, qui plus tard est devenu un job a plein temps.

Tu as déjà joué à Paris, au Point Éphémère et à Rock en Seine dernièrement, selon toi, qu’est-ce que ça change de jouer devant un public français par rapport à un public new-yorkais par exemple ?

Je suis en vacances en France depuis le mois dernier ! Je suis venu jouer ici il y a environ un an et c’est mon troisième ou quatrième concert à Paris. La première fois que je suis venu c’était en septembre 2014. Cette fois ci, j’ai joué à Londres, Lyon et Paris et tous les concerts ont été complets. Ce n’est pas ma priorité. J’aime beaucoup que du monde vienne à mes concerts, mais je n’aime pas trop être le centre d’attention, mais faire ce genre de travail l’oblige. En montant sur scène, tu dois plaire au public, et parfois tu ne te sens pas de le faire, mais tu dois le faire comme c’est ton job. J’adore jouer en France, j’ai l’impression que les gens font attention à la musique, aux mélodies et qu’en même temps ils s’éclatent. Mais il y a quand même la barrière de la langue qui m’amène à rester silencieux la plupart du temps pour laisser la musique parler, même si je prends le micro de temps en temps.

Tu parles français ?

Pas vraiment, mais j’ai envie d’apprendre. Je suis venu avec l’envie d’apprendre, mais je n’ai toujours pas essayé, je crois (rire). J’ai appris « n’importe quoi, je m’appelle Juan, les garçons boivent, les garçons mangent. »

Quel est le morceau que tu préfères jouer ?

J’aime vraiment « She Might Get Shot » ainsi que d’autres du dernier album. J’ai l’impression que moi et le public on aime les mêmes morceaux. Je vais en jouer quelques nouveaux ce soir.

En tant qu’artiste multi-instrumental, tu composes tes morceaux tout seul, comment est-ce que tu choisis les musiciens qui t’accompagnent en tournée ?

Les gens qui jouent avec moi ce soir sont des amis parisiens et quand j’étais à Londres c’était avec des londoniens. Normalement, je viens avec des musiciens des États-Unis, mais là je suis en vacances. Je ne joue jamais avec les mêmes artistes parce que je n’aime pas avoir un groupe fixe. J’ai joué dans des groupes avant, mais je suis tombé amoureux de l’idée d’avoir continuellement de nouvelles sonorités.

En parlant de ça, tu jouais dans le groupe The Beets. Qu’est-ce que tu as retiré de cette expérience ?

Avec The Beets on faisait énormément de concerts, mais je me suis mis à jouer de plus en plus occasionnellement, en fait, j’ai toujours des doutes sur le fait de faire une carrière musicale. J’aime jouer, même en même temps je n’ai pas envie que ça soit ce que je fais tout le temps. Comme ça me plaît vraiment, j’ai envie que ça reste occasionnel. C’est ce que j’aime le plus faire. Avec The Beets on jouait beaucoup, on était vraiment libres et les concerts étaient super wild. C’était vraiment cool, on est potes et on a grandi dans le même quartier. Mais avec le temps, nos goûts ont changé et on a dû se séparer. Donc pour continuer dans la musique, au lieu de lancer un groupe, j’ai simplement utilisé mon nom.

C’était comment de travailler avec Captured Tracks ?

The Beets était le premier groupe sur Captured Tracks. On était new-yorkais, donc ils nous ont probablement vus et trouvé intéressants, c’est comme ça qu’on a commencé à travailler avec eux. Quand le groupe s’est séparé, j’ai parlé avec le dirigeant du label qui m’a dit de le contacté si jamais je comptais me lancer en solo. Je travaille vraiment beaucoup parce que je veux toujours « aller au bout », mais j’ai aussi été très chanceux, et au bon endroit au bon moment.

Qui sont tes artistes préférés ?

J’adore les Beatles, je les ai dans les oreilles depuis toujours. J’aime beaucoup le hip hip de Dr Dre, mais aussi Piazzolla, un artiste de tango argentin des 60s, et ce genre de musique entre les 50s et 70s. J’aime tout. Pour les artistes actuels, j’adore ce que fait Mac Demarco et aussi ce que fais mon pote Tall Juan. Il s’appelle Tall Juan parce qu’il fallait qu’on se différencie. On faisait partie du même crew. J’adore sa musique et aller à ses concerts.

Pourquoi est-ce que tu as mis un morceau de rap à la fin de ton dernier album ?

Je l’ai ajouté comme un « morceau caché » parce que je pensais qu’il n’allait pas vraiment avec les autres morceaux de l’album. J’ai un ami rappeur, et ça fait longtemps que je lui parle de lui produire des chansons, donc on l’a fait ensemble, en une fois. On l’a écrit et j’ai composé le beat directement. On en a composé d’autres depuis et je veux mettre des raps sur mon prochain album. Les gens doivent voir ça comme une blague, mais non, je rap vraiment.

Quels sont tes plans pour plus tard ? Des nouveaux morceaux, un nouvel album ?

Je travaille sur un nouvel album, et je me demande comment je vais le sortir. J’ai vraiment envie de faire quelque chose rapidement. Aussi, j’ai envie de prendre une pause dans mes voyages, etc., pour me concentrer sur quelque chose. J’adore la musique, mais il y a tellement d’autres choses que j’aime aussi. Je fais de la musique parce que je considère ça comme une liberté, je ne veux pas que ça devienne autre chose.

Tu fais un DJ set ce soir à la Mécanique Ondulatoire, t’en fais souvent ?

C’est une sorte d’after, je vais y passe des musiques que j’aime. Je déteste quand des gens disent « je vais faire un DJ set », mais qu’ils se ramènent avec un ordinateur. À New York je viens avec des CD, des Vinyls et des trucs dans le genre, c’est plus de boulot. Ce soir je vais juste être avec un ordinateur, mais c’est cool, j’aime faire la fête donc ça va être la fête. Je vais passer du hip-hop, Les Beatles, The Ramones et des trucs d’Amérique du Sud.

Avant de prendre une photo, tu peux expliquer ta passion pour les poses sur des voitures et des objets en tout genre, comme j’ai pu en voir sur les réseaux sociaux et la pochette de ton dernier album ?

(Rire) C’est juste pour le fun!

« Culture Sauvage » pour Juan Wauters?

Culture indomptable, les gens fous.

Traduit par Colas Mérand.