Cueillis juste après leur concert aux Transmusicales de Rennes, les six nantais avaient de quoi sourire. Pour glisser un peu plus longtemps sur l’excitation moite que laisse la scène quand on la quitte, Jean-Louis Brossard, programmateur légendaire du festival depuis sa première édition leur lâche un jovial : « Bravo c’était d’enfer ! Fantastique ! ». De quoi réchauffer le cœur. Cette consécration tient en une musique pop innovante, inouïe, et surement pas juste à cause du jeu de mots. Foals, Arcade Fire, Metronomy… autant de groupe-bandes dont ils s’inspirent pour produire un son bien à eux, rappelant vaguement The Do avec des cuivres, Beirut avec des synthés saccadés : on arrête ici la séance de tir, on ne visera pas la bonne étiquette. Rencontre avec Coline (au chant), Alexis (sytnhé) et Simon (batterie / chant).

Qu’est ce que ça fait de jouer aux Transmusicales ?

Alexis : C’est super gratifiant de se retrouver sur un tel événement, Jean Louis à l’air de bien avoir aimé ! La programmation c’est un truc de ouf ! C’est le seul événement en France à faire de véritables découvertes. Je n’y étais jamais allé avant mais je me faisais des playlists des artistes programmés pour voir ce qu’il y avait à suivre.

Simon : On n’était encore jamais monté pour les Trans, à chaque fois on s’en mordait les doigts. Surtout en 2013 l’année où Fyfe est passé, c’était notre grosse révélation.

Pourquoi avoir changé de nom en route ?

Coline : On a changé d’univers en 2013… Mais on a changé de nom avant d’univers. (rires)

Alexis : On voulait se désolidariser de notre ancien projet qui était une phase de test et d’expérimentation. On faisait de la musique ensemble depuis longtemps, et c’est avec ce projet que l’on s’est découvert musicalement, que l’on a fabriqué un socle d’influences communes. On est hyper fusionnel, c’est la famille, donc ça commençait à devenir autre chose que l’on voulait aussi rationaliser, en y mettant plus de sérieux.

Pourtant on dit que vous sortez du Conservatoire, il n’y a rien de plus sérieux ?

Alexis : On vient plus d’une formation d’école de musique, certains sont carrément autodidactes. Très concrètement c’est Remy (Cuivre) qui vient du Conservatoire de Nantes. Il nous cadre et nous pousse un peu, mais on a tous du apprendre à jouer ensemble.

Pourquoi n’avez vous pas de guitare dans votre formation pop ?

Simon : Ça c’est un peu imposé à nous. Ça fait sept ans qu’on joue ensemble et depuis le départ il n’y en a pas. Au début ça nous a un peu desservi mais c’est finalement une chance. Ça été un peu difficile pour chacun de trouver sa place dans le spectre sonore, de se placer… Sans guitare ça donne un petit côté original, nouveau.

Votre EP s’appelle « Tom Boy » : pourquoi ce nom ?

Coline : C’est la chanson « Tom Boy » qui nous a donné l’énergie d’aller jusqu’au bout du projet, sortir l’EP et se retrouver aux Trans, donc ça nous paraissait normal d’appeler l’EP comme ça;

Alexis : C’est le coming out d’une lesbienne. C’est l’image d’une jeune femme qui s’émancipe!

On parle souvent de vos influences, mais qu’est ce que vous voulez absolument voir aux Transmusicales ?

Alexis : Ce soir il y a Ok Lou aux Bars en trans, c’est du hip hop cosmique. Rival Consoles et Jacques, il a l’air marrant, Her aussi…

Simon : Ok Lou me donne vraiment envie, il y a tellement de trucs, ça donne le vertige. Surtout qu’il y a des noms que l’on a du mal à retenir… (rires)

Coline : Vous me donnez envie alors que je ne peux pas rester ! On ne vit pas encore de la musique, donc moi demain à dix heures je travaille avec des enfants.