On a croisé le chemin de Raphaël, à l’origine du groupe Namaste dont le premier album est disponible depuis le 24 novembre. Très vite rejoint par Octavio, le violoncelliste, on a parlé émotion et bonheur tous ensemble pour une rencontre humaine, tout simplement.  

Comment vas tu ?

Raphael : Très bien. Heureux que nous ayons enfin accouché de notre album, même si la gestation a été très longue puisque deux ans se sont écoulés entre la première composition et aujourd’hui. Oui je l’avoue, je l’assume, on est un groupe assez lent.

Sur le processus de création ou en temps normal?

R : Sur toute la ligne. (rires) Il a fallu qu’on trouve notre mode de fonctionnement et un endroit où travailler également. Cela nous a déjà pris pas mal de temps. On a tous des univers différents, des personnalités différentes mais on a réellement tenu à ce que chacun puisse se reconnaître dans cet album. Et puisqu’on est cinq éternels insatisfaits, cela a pris du temps également.

Quant à la composition, la plupart du temps j’écris les textes et je laisse les gars prendre possession de cette matière première et la casser et remodeler à leur image ! C’est un véritable processus de construction, déconstruction, reconstruction, d’analyse, de remodelage, d’écoute et de réflexion. Sur cet album on a travaillé de manière très cérébrale.

Puisqu’on parle de réflexion, raconte moi l’histoire qui se cache derrière la pochette de votre album !

R : Le choix de cette pochette s’est un peu fait à la dernière minute. On faisait beaucoup de recherches et cette photo nous a mis tous d’accord car je pense qu’elle représentait parfaitement ce dont il est question dans notre album, c’est à dire l’humain. Il parle de nos états d’âme, de bonheur, de choses plus dures, du monde, de la terre et je crois que cette photo est un condensé de tout ça, capturé dans un moment de vie, de rire et d’insouciance.

Pochette Namaste

C’est un album qui est réellement ancré dans la réalité, pour toi est ce que la musique peut guérir les maux ?

: Je pense que des artistes comme Bob Marley ou Rage Against the Machine en sont des exemples. Pour moi, la musique a ce pouvoir d’insuffler de l’énergie aux gens et de diffuser un message au plus grand nombre. La musique voyage partout, elle n’a pas de frontière, c’est d’ailleurs ce qui m’a donné envie d’écrire. On est dans une époque intense et je me sens réellement militant pour l’amour et pour l’humain.

(Octavio arrive)

Octavio : On n’est pas spécialement politisé, mais on est conscient de la situation, on essaye de combattre par la musique et d’apporter des émotions différentes, plus positives. Nos seules armes sont nos instruments et nos voix et si la musique ne guérit peut-être pas tous les maux, elle sait transmettre des émotions.

« Juste le temps » est la chanson qui a donné son nom à l’album, dans votre vie sur quoi devriez vous prendre plus le temps ?

R : Je ne sais pas quoi te répondre. Le temps est une notion très abstraite. En général j’ai l’impression de prendre le temps de faire les choses. Après cela m’arrive d’être impatient… Je pense que je devrais prendre plus le temps de vivre le moment présent. Oui, vivre le moment présent ! Voilà ma réponse.

Tu es plus tourné vers le passé ou le futur ?

: Un peu des deux, en tout cas c’est ce qui m’empêche d’être dans le moment présent parfois. Soit je rumine le passé, soit j’angoisse pour le futur.

: En réalité tu le vois, mais il n’est pas vraiment là. (rires) Pour ma part, je dirai prendre plus le temps de travailler mon instrument. Il fait partie de ma vie depuis que j’ai 5 ans et plus je grandis moins on passe de temps ensemble, juste lui et moi. Par moment ça me manque. C’est drôle parce qu’on dit souvent « je n’ai pas le temps de» alors qu’en réalité c’est simplement qu’on ne le prend pas assez. Tout le monde a du temps non ?

 

Culture Sauvage pour Namaste?

 

Tribu, plantation et transe !

Crédits Photos : Roch Armando.