Une ouverture de One-Man Show en tutu? Oui! Rodolphe Sand l’a fait et continue à le faire jusqu’au 27 Décembre 2015 au Théâtre Mélo d’Amélie.

Comment peut-on danser quand on est gros ?

Comment peut-on avoir des enfants quand on est homo ?

Comment se détendre devant un film récompensé au festival de Cannes ?

Ancien danseur à l’opéra d’Oslo, Sand a arrêté la danse « il y a 25kg ». Un bon début, une bonne accroche. Après la chorégraphie d’ouverture et cette fameuse phrase, le public est dans sa poche. Son regard nous hypnotise et ses propos nous font réfléchir.

Nous découvrons un cinéphile averti. Touchés par la sincérité de ses propos autobiographiques dont il rit avec précaution, il nous émeut et nous embarque dans histoire. Il navigue entre son passé de danseur, les films primés à Cannes et son homosexualité.

Son spectacle construit comme un chanson, comme une douce mélodie nous berce et nous émeut. La danse serait les premières notes, son homosexualité le couplet et le cinéma, son refrain. Quelques variations assaisonnant son one-man-show, pimentent et mettent en valeur ses propos les rendant plus incisifs et poétiques.

La sincérité de son discours mais, surtout celle de l’acteur nous fait chavirer entre le rire, le sourire et l’émotion. Mais ce spectacle parle avant tout d’amour. Sand parle de ce qu’il aime, de ce qu’il n’aime et du « pourquoi du comment ».

Le comédien, dans son spectacle, soulève des questions fondamentales. Il rappelle que l’amour n’a pas de genre, d’âge ou de race et encore moins de sexe. Il nous rappelle, à une période où l’on en a bien besoin que l’amour est universel et intrinsèque à l’Humain parce qu’il le régit, tout simplement.

Il nous parle de son l’homosexualité en choisissant le point de vue de la complexité liée à l’adoption dans les couples homosexuels. Pour illustrer son propos, il joue alors toute une partition de personnages, tous les plus déjantés les uns que les autres qu’il a intégré dans des situations rocambolesques mais vraisemblables.

Il explique doucereusement « cinéma est divertissement » et qu’il « faudrait le dire à M. Haneke » car le but de cet art « est de nous extraire d’une certaine réalité ». Pour cela il prend le parti prix fort de parler des films primés à Cannes. Il nous parle « Des Hommes et Des Dieux » qui selon lui, rappelle amèrement « chaussée aux moines » mais pendant 2h30…

Rodolphe Sand, Tout en finesse est un one man d’une sincérité débordante et d’une humilité touchante. Le spectacle est à conseiller à un public averti, friand de poésie, à l’humour fin et avant tout à un public adulte.

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