Avant de partir pour Rennes, COCY a regardé avec curiosité et gourmandise les artistes programmés aux Transmusicales. Une palette ahurissante où tu peux te perdre toi-même si tu as le gout des aventures vertigineuses.

Tu peux aussi lire et surtout écouter cette petite sélection de nos premiers coups de cœur, nouveaux ou anciens, qui ont fait « tilts » dans nos oreilles avant même notre arrivée. Une division en trois verbes du premier groupe s’impose : « danser », « rêver » et « expérimenter ». Bien d’autres viendront ponctuer le séjour breton.

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Danser :

On ne va pas se mentir, personne ne va rester à écouter sans bouger les Dj set et lives concoctés pour la 37ème édition. Petite sélection de ceux qui vont nous « mettre la fièvre pendant des heures » :

  • La Mverte : chevalier sombre et mystérieux qui hante les night clubs parisiens, de La Machine du Moulin Rouge au 6b pour la clôture d’un festival de musique expérimentale, la Mverte est l’ombre qui se matérialise en beats soutenus, en basses funks et abyssales, et en synthés rétros jouant les mélodies d’un John Carpenter tombé dans un ristretto. Avec son EP « A Game Called Tarot » l’angoisse et l’excitation se retrouvent au même niveau sans que l’on puisse vraiment décider. On est déjà possédé.

  • Claude : Son EP Whoop sorti chez Musique Large est l’une des plus grosses claques électro de l’année. Tout y est : ondes funk et soul formant une house ultra rythmée, des arrangements proches de la perfection, l’ensemble dans un équilibre donnant paradoxalement le vertige. De quoi mettre des paillettes dans les yeux et donner des fourmis dans les jambes.

  • Mawimbi : Ambianceurs féroces, virtuoses des transitions ambitieuses, ambassadeurs du métissage… les qualificatifs ne manquent pas. C’est avant tout des passionnés de world music, principalement les sonorités traditionnelles venues d’Afrique que constitue le collectif où officie Alt et Pouvoir Magique. Avec un appétit d’écoute et une capacité de digestion gargantuesque, percussions tribales et électro sous mélodies chamaniques font de leurs lives les plus festifs et les plus originaux de notre génération.

  • Girls Girls Girls : Piu Piu et Louise Chen qui ont fait leurs armes sur les platines parisiennes (notamment le Social Club) et un peu partout en Europe n’ont qu’une seule ambition : faire danser. Hip hop, trap, ghetto house nuancé de funk et de soul, le duo ambiance façon soirée entre ami(e)s décomplexée, mais avec de bien meilleurs morceaux que ceux sélectionnés par les plus mélomanes de nos proches entachés d’éthylisme.

  • Crocodile : Institution rennaise à lui seul, Sébastien Blanchais est le propriétaire du Rockin Bones, caverne d’Ali Baba pour rockeurs en manque de sensations fortes. Pépites grunges trouvées au fond d’un carton, distorsions qui fendent l’air et riffs survitaminés, il va falloir avoir la peau dure pour supporter les pogos du reptile.

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Rêver :

Assis sur la plage à essayer de contracter les abdos, on a souvent songé à devenir surfers chez COCY. Mais le sublime des vagues à l’âme nous a toujours submergé.

  • Paradis : la french-touch de Paradis a caressé de sa house mélodique les plus hautes sphères de l’industrie musicale pour diffuser sur tout l’hexagone son cantique électro, chanté façon nouvelle vague. En français, ça va de soi. Révélés en 2011 avec leur reprise de « La Balade de Jim », Simon Mény et Pierre Rousseau continuent leur ascension au septième ciel, sans oublier de nous prendre par la main.

  • Inüit : Jeune groupe nantais fraichement sorti du Conservatoire, Inüit a des idées pop originales plein la tête et les joue de manière décomplexée. Cuivres qui s’invitent aux rythmes saccadés des synthés, leur image donne l’impression d’une bande à la Arcade Fire ou Foals, qui charme par leur univers coloré.

  • Lenparrot : Projet solo de Romain Lallement (connu pour être également musicien de Pegase et le leader de Rhum for Pauline) accompagné par l’ex Hutchinson Olivier Deniaud, Lenparrot se perche de sa voix renversante sur les cimes de la mélancolie, sans le désespoir. Pop douce, minimaliste et fragile, les nantais passe un baume efficace sur tous les maux, avec une sincérité, une simplicité qui soulèvent un désir fondamentalement humain : qu’il devienne notre meilleur copain.

  • Chamberlain : Avec un pianiste lillois qui fait se rencontrer musique classique et musique électronique, que l’on compare au génial Chilly Gonzales pour la virtuosité et que l’on dit héritier de John Cage et Moodyman, ce sont des sets tout en délicatesse et fulgurances auquel on s’attend, des merveilles de nuances et des nappes aériennes qui s’autorisent à imploser. Classe et volupté.

  • François 1er: Beats polis comme la prunelle de ses yeux, c’est des éclairs de jouissances qu’il fait luire dans les notre avec sa deep house hybride, mêlant techno et mélodie mélancolique. Signé sur Boussole Records, Label toulousain connu pour faire découvrir les nombreux talents électro qui s’y niche, on écume sur « Nyrmal », le troisième EP de François 1er , la douceur des passages, comme l’ivresse d’une glisse.

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Expérimenter :

Mark Twain a ouvert une foule d’adepte de sa philosophie quand il a déclaré : « ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ». Focus sur les créations les plus originales des Trans :

  • Molecule 60° 43 Nord : « 35 jours sans voir la terre… » commençait à chanter Axel Bauer sur « Cargo de Nuit ». Plutôt que de l’avoir dans la tête, Molécule a enregistré les machines, les vagues, tout l’environnement d’un chalutier pendant une campagne de pêche d’un mois en mer du Nord, une cargaison qu’il livrera dans live chavirant.

  • Jacques : Autre espèce de chasseur-cueilleur, Jacques récolte lui le bruit du quotidien. Artisan génial des sonorités communes tels les grincements de portes ou les « plocs » du robinet sur l’inox de l’évier, c’est une philosophie animiste pour laquelle il semble jouer. Reste à ajouter savamment des beats sur des raclements de couvert et le tour est joué. « Tout est magnifique ».

  • 3SOMESISTERS : Cette promesse de live coloré annonce le retour du glam de ce qu’il a de meilleur : la transfiguration des genres. C’est l’expérimentation d’un autre sexe, en fête électro pop joyeusement délurée dont il sera question. Erotisme pour tous.

  • Code and Superpoze and Dream Koala : C’est la réunion la plus surexcitante du séjour. La nouvelle génération de l’électro française dans ce qu’elle a de plus variée. Un gros point d’interrogation qui se transformera en exclamation perforante à n’en pas douter.

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Pour voir la programmation complète

http://lestrans.com/artistes/

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