Sganarelle vit dans les bas-fonds de Los Angeles avec sa femme, Martine, qui souhaite se venger des coups qu’il lui donne. L’occasion se présente quand elle rencontre deux hommes de main à la recherche d’une personne capable de guérir la fille de leur boss. Elle leur explique que Sganarelle est un médecin extraordinaire, mais qu’il n’avouera ses capacités qu’après avoir été dûment frappé…

Le parcours d’un usurpateur, des terrains vagues de Los Angeles aux riches ghettos de Bel Air. Une comédie savoureuse et qui reste la plus populaire et la plus nerveuse des farces de Molière. (Spectacle créé en 2009 au théâtre de la Gaîté Montparnasse à Paris)

Jouée au théâtre du Lucernaire par une troupe de comédiens plus que moliéresque, le Médecin malgré lui années 1990 renouvelle l’esprit du théâtre classique avec classe et facétie.

Les décors sont bien ficelés et totalement cohérents avec la mise en scène proposée. Ils sont colorés et apportent la touche nécessaire à une immersion plus intéressante dans l’univers des deux metteurs en scène.

Le choix des années 1990 et de Los Angeles est bien trouvé. En effet, la pièce et les questions que cette dernière met sur le tapis sont encore plus accessibles avec ce parti pris. On y retrouve tous les clichés de la société américaine. Un Sganarelle drogué qui vit dans la rue avec sa femme qu’il bat. Un boss dont la fille malade est cheerleader, a des « serviteurs » mexicains. C’est bourré de clichés oui. Mais c’est bien fait. On ne tombe pas dans le « lourdingue », dans le bateau, dans le trop fait. Non et au contraire: on est dans Molière. On rit, on se divertit tout en prenant conscience des erreurs de notre société. On en sort avec l’ardent désir de les arranger.

Le jeu est juste, il s’inscrit dans un jeu de théâtre contemporain. Avec tous ces clichés, on se rapproche du cinema mais la technique des acteurs est travaillée, les accents qu’ils empruntent tour à tour sont réalistes au possible. Mention spéciale à Jacqueline et à Léandre pour leur jeu si touchant.

Dans l’actualité qui nous assomme, qui nous agresse et nous bouleverse, aller au théâtre, sortir et continuer à vivre est d’une importance capitale. Et si la virée envisagée nous permet de rire des problèmes, de prendre de la distance, la mission des artistes et du célèbre metteur en scène sera réussi.

En assistant à ce spectacle, on se demande même si le texte est bien de Molière, tant l’écriture et les problématiques exposées sonnent contemporaines. On en sort bluffé, ébloui par tant de couleurs et ragaillardi de rires et de légèreté.

Et comme dans la majorité des pièces de Molière, l’Amour triomphe …

A nous de le faire triompher dans nos quotidiens et de ramener le positif et le rire dans nos journées parfois teintées de gris.

Affiche LMML

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Du 4 novembre 2015 au 10 janvier 2016, du mardi au samedi à 18h30, le dimanche à 16h

Théâtre Classique Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-Des-Champs  75006 Paris

MISE EN SCÈNE

QUENTIN PAULHIAC ET AURÉLIEN RONDEAU

AVEC PAR ORDRE D’ENTRÉE EN SCÈNE

AUGUSTIN DE MONTS OU FLORENT CHESNÉ (SGANARELLE)

SOPHIE STAUB OU ANNE WERNER (MARTINE / LUCINDE)

QUENTIN PAULHIAC, PIERRE KHORSAND OU MICHAËL COHEN (LUCAS / PERRIN)

AURÉLIEN RONDEAU (VALÈRE / THIBAUT)

SÉBASTIEN FAGLAIN (GÉRONTE)

LYDIA BESSON (JACQUELINE)

PIERRE-EDOUARD BELLANCA, JÉRÔME RODRIGUEZ OU BENJAMIN BOURGOIS (LÉANDRE)

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