The Walk – Rêver Plus Haut, biopic sur le funambule Philippe Petit, sortira le 28 octobre dans les salles françaises. Célèbre pour avoir joint les deux tours du World Trade Center sur un fil suspendu au-dessus du vide le 7 août 1974, le funambule y est resté presqu’une heure avant de se faire arrêter par la police.

Si le long-métrage en question repose en partie sur une expérience visuelle vertigineuse – le réalisateur Robert Zemeckis (Retour Vers Le Futur, Forrest Gump) a tourné exclusivement en 3D – il s’agit surtout d’une histoire à la dimension poétique ne laissant pas insensible l’âme d’enfant qui sommeille toujours en nous.

C’est la raison pour laquelle je ne résiste pas à la tentation de parler du documentaire Man On Wire, réalisé par James Marsh, et sorti en 2008 sur le même sujet. Sans enlever le mérite du récent biopic aux propriétés divertissantes certaines, le documentaire rassemble les témoignages de tous les protagonistes ayant pris part directement au « crime artistique du siècle », avec comme narrateur principal, Philippe Petit, lui-même.

Personnage charismatique, enthousiaste, optimiste, rebelle, talentueux, attachant ; les qualificatifs me manquent pour décrire qui est Philippe Petit. Le monde le connaît comme funambule de l’extrême sur des monuments célèbres tels que Notre-Dame de Paris, ou encore le Harbour Bridge à Sydney en Australie, mais lui aime simplement se considérer comme un poète.

Pendant des années, il travaille dur avec un ultime rêve en tête. A 17 ans, dans une salle d’attente chez le dentiste, le jeune Philippe tombe sur l’article d’un journal racontant que des tours géantes allaient se construire à New York. Alors l’idée se crée instantanément tel un défi lancé a lui-même : il performera du haut du World Trade Center.

« It’s impossible, that’s sure. So let’s start working », dit-il avec un flegme et un amusement dissimulé. Rien n’est impossible et il est décidé à le prouver au monde. La vie se traverse sur un fil, chaque pas est déterminant, et le principal, c’est de ne pas avoir peur. Si en apparence, le boulot de saltimbanque à la réputation de simple amuseur de galeries, c’est une toute autre approche que Philippe Petit donne. Sa vocation n’est pas politique ou sociale ; elle est de donner de l’espoir en communiquant un moment de plénitude loin des préoccupations de la vie. Faire que le temps s’arrête, afin de contempler une forme de beauté transcendante. Cette parenthèse artistique résonne comme un symbole fort dans un lieu inondé par la constante course à la consommation que représente New York.

deuxieme photo

@Jean Louis Blondeau / Polaris images

Qui, la première fois qu’il a jeté son regard sur le World Trade Center, y a vu l’occasion d’en faire une puissante métaphore ? Ce n’est pas un hasard si Philippe Petit est français, car il s’inscrit directement dans la digne lignée des auteurs de la période romantique, de ceux qui vivaient et qui étaient prêt à mourir pour leur passion.

Aujourd’hui, Philippe Petit va de conférence en conférence dans le monde entier et y prône une vision de la vie dénuée de tout sarcasmes, une vision toujours pure et innocente comme l’enfant qu’il est resté. Il parle de confiance en soi : si on a un rêve, il faut y croire et se battre pour le matérialiser.

Man On Wire est le film le mieux noté de l’histoire de la critique de cinéma. Sur 129 critiques répertoriées par le site Rotten Tomatoes, 100% se sont révélées positives : http://www.rottentomatoes.com/m/man_on_wire/

En 2009, il recoit l’Oscar du meilleur film documentaire. Justement, ci-joint l’extrait qui donne un court aperçu du caractère espiègle de Philippe Petit, encore bien décidé à ne jamais arrêter de tutoyer les hauteurs et à continuellement vivre sa vie sur un fil, littéralement ou non. Apres tout, nul besoin d’être funambule pour ca.

Extrait aux Oscars :

https://www.youtube.com/watch?v=T9Pb_tLvs5o

Bande-Annonce de Man On Wire :

https://www.youtube.com/watch?v=GGn_ZRFjoRU

Bande-Annonce de The Walk :