C’est une Shirley Souagnon souriante et pleine de passion que nous avons rencontré mardi dernier. Entre l’importance de relativiser et les projets de l’humoriste, discussion autour d’un café et d’un diabolo fraise. 

Comment t’es venue l’envie de monter sur scène? 

Ça s’est fait en plusieurs étapes. J’avais fait quelques pubs à l’âge de huit ans et je forçais mon cousin à faire des sketchs mais j’étais à fond sur le sport. J’ai fait du basket jusqu’à  mes 18 ans et d’un seul coup j’ai tout lâché pour me concentrer sur le théâtre, ce qui m’a fait monter à Paris.

Tu avais vraiment décidé de passer à autre chose ?

Tu sais c’est un peu comme en couple. Parfois tu es bien avec quelqu’un, puis du jour au lendemain tu croises une nana et tu te dis : Mais en fait c’est elle la femme de ma vie ! Donc j’ai tout quitté, femme et enfants pour le théâtre.

C’est beau! 

Pas pour tout le monde. Maintenant j’ai le basket qui me fait la gueule !

Et ta relation avec le théâtre se passe bien au moins ? 

Oui ça se passe bien. C’est quelque chose que je vis avec passion et plaisir même si ça n’empêche pas aussi une certaine souffrance parfois, mais ça fait partie de la vie. Il y a des moments où je me dis que je vais arrêter mais au final je suis toujours là !

Est ce que tu penses que pour faire de la scène comique, il faut forcément avoir été drôle ou l’être? 

On pose très souvent cette question aux humoristes. Pour ma part, j’étais quelqu’un de très réservée et timide, j’observais beaucoup. J’ai tendance à dire que les humoristes sont un peu des clowns tristes. Maintenant j’essaye de faire en sorte que ma vie ne soit pas triste pour pouvoir être drôle sur scène. Beaucoup d’artistes pensent qu’il faut être dans le spleen dans sa vie pour être inspiré. Je préfère me concentrer sur le positif.

Donc tu essayes de tout transformer en positif dans la vie? 

Je dirais plutôt que j’essaye de relativiser. Tout n’est pas positif dans la vie, je ne crois pas à la vie de contes de fées. Là où il y a du plus il y a du moins, il faut juste l’accepter. Ce n’est pas évident mais c’est de la méditation. C’est ce que je trouve intelligent dans les religions, avec la prière tu te recentre sur toi avant de parler à qui que ce soit. Il faut savoir s’écouter. Quand je vis un moment difficile, je prends énormément de recul mais je ne chasse pas la situation, je l’accepte.

@COCY Shirley

Dans cette bonne énergie, tu as mis en place des spectacles participatifs, tu peux nous en dire plus? 

J’ai monté ma production et je cherchais une solution intéressante pour créer une billetterie privée. J’ai réfléchi au fait que parfois lorsque je suis en tournée, il y a des gens qui me demandent pourquoi je ne viens pas jouer dans telle ou telle ville. Alors je me suis dit : pourquoi ne pas laisser les gens choisir? Pourquoi ne pas les laisser libre de  décider de la ville et du prix de la place ?

Tu es donc passée productrice également. Passer de l’autre côté, cela a-t-il changé ta vision du métier d’artiste?

Enormément. Je me suis aperçu que j’avais un côté connasse avant. (rires) C’est compliqué d’être producteur car c’est un peu comme être un parent mais avec un enfant très relou, à qui tu donnes beaucoup d’argent !

En novembre tu seras à la soirée du Talent Show, Rires -16, pour toi quelles blagues ou types d’humour sont réservés à un public au dessus de 16 ans ? 

Toutes celles dans mon spectacle (rires). Mon deuxième spectacle est d’ailleurs interdit aux  moins de 14 ans. Je trouve que certaines vannes ne correspondent pas vraiment aux enfants. Notamment le sexe ! Pas la sexualité, le sexe! Ou encore la violence!  Pour moi il faut protéger un peu l’innocence des enfants .

Quels sont tes projets en plus du spectacle. Je crois que tu veux ouvrir une école ? 

J’ai constaté qu’à la Réunion il y a une recrudescence d’humoristes vraiment talentueux. J’avais le projet de faire une école à Paris mais finalement ça m’est apparu comme un vrai besoin là bas. Il y a un vrai métissage que j’aime beaucoup, donc de sacrées histoires à raconter. Donc je compte monter ça à partir de janvier. Le but est de pouvoir offrir aux élèves une formation de qualités sur 3 mois.

Et si un(e) jeune humoriste te demandait conseil, quel serait il ? 

Joue ! Fais des comedy clubs, ne fais pas de spectacles mais des sketchs. Casse toi la gueule!  Sois dégouté de l’humour, aime le à nouveau!  Et à ce moment là, quelqu’un pourra miser sur toi! Mais attends toi à ce que ça prenne bien 4 ou 5 ans.

Culture Sauvage pour Shirley ? 

« J’ai vu la jungle ! En même temps j’étais à la Réunion il n’y a pas longtemps. »

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Retrouvez toutes les informations sur www.shirleysouagnon.com

Participez à la soirée Talent Show 

www.facebook.com/events/1643945252485943/

RIRES -16 Ans – Dimanche 29 novembre à 20h30 

Feux de la Rampe au 34 rue Richer 75009 Paris 

Places en vente dans tous les points de vente habituels ou sur

 Theatre-lesfeuxdelarampe.com / (24€) 

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