C’est dans le 5ème arrondissement de Paris, au QG de Polydor, que nous avons rencontré le trio Jabberwocky dans le cadre de la sortie de leur premier album « Lunar Lane » . Confortablement installé, on a parlé ambiance, peur et animation. 

Comment êtes vous passés de médecine à Jabberwocky? 

Camille : On était à la fac ensemble et pour s‘évader un peu de ces études qui ne sont pas faciles et chronophages on a décidé de faire de la musique électronique tous ensemble. On a donc composé notre première chanson « Photomaton », sur l’influence de nos potes on l’a diffusé et ça a bien marché!

Donc vous avez fini vos études ? 

Simon: Non, le doyen de la fac nous a accordé un planning spécial. On est en dernière année donc c’est l’étape la plus dure.

Camille: On compte bien finir ces études même si ça ne va pas être évident avec la sortie de l’album.  Au moins,  ça permettra à nos parents de mieux dormir !

Dans quel univers vous aimeriez transporter les gens qui vont écouter l’album? 

Simon : Déjà si les gens ressentent une ambiance précise à chaque chanson, on aura gagné. On repart toujours à zéro pour chaque titre. On aime bien le fait que les gens ne sachent pas à quelle ambiance ils vont avoir à faire à chaque nouvelle écoute, mais qu’ils finissent tout de même par savoir que c’est du Jabberwocky.

Emmanuel: En réalité les dénominateurs communs entre chaque chanson se retrouvent dans certaines sonorités et le côté mélancolique. Mais les univers développés sont différents pour offrir un aspect « découverte » à chaque track.

cover album LUNAR-LANE

On ressent tout de même une attirance pour l’univers de l’animation que ce soit avec le visuel de l’album ou vos clips ! 

Simon : C’est vrai qu’on attache beaucoup d’importance au visuel. Lorsqu’on compose, nous avons forcément des images en tête et on aime donner aux gens des choses intéressantes à regarder.  On travaille avec Ugo Bienvenu et Kevin Manach qui sont extrêmement talentueux et comprennent nos envies. On adore tout ce qui est surréaliste, onirique, non-sense. Généralement, ils écoutent la musique puis on échange sur les idées de chacun.

Justement, pour le clip de « Fog », comment en êtes vous arrivés à cette histoire? 

Camille: Pour « Fog », on leur avait juste envoyé la version instrumentale. Tout de suite ils ont eu cette idée de monde rétro-futuriste et le scénario de cette petite fille qui se jette dans le vide dans ce monde un peu étrange. Le morceau parle énormément de désespoir, qui est notamment illustré par cette élite de la société qui ne ressent même plus la morale.

Simon: Ça ressort aussi avec les couleurs. On a une ambiance très pop, presque festive, qui dénote avec ce qu’il va se passer par la suite.

Emmanuel: Travailler avec eux nous permet vraiment de proposer quelque chose. C’est hyper intéressant quand la musique et l’image s’allient. Je trouve qu’il y a plein de trucs un peu chiants dans les codes des clips. Dans le rap, très souvent c’est clairement la surenchère. C’est à celui qui aura la plus grosse voiture et le plus de nanas dans la piscine alors qu’il y aurait des trucs bien plus cools à faire. Donc musicalement et visuellement, on tente d’offrir de la nouveauté.

Le nom Jabberwocky fait référence à un bestiaire assez sombre voire cauchemardesque. Quelle est votre plus grande peur à tous les trois? 

Camille: J’ai peur de rien moi ! (rires)

Simon: Tu nous poses une colle.

Emmanuel: Je pense que c’est d’avoir plein d’idées mais de ne jamais pouvoir les mener à bien. Une envie de faire quelque chose mais d’en être incapable.

Camille: Le sentiment d’être perdu!  De ne jamais être sûr d’où tu te trouves, un peu comme dans Alice aux Pays des Merveilles. Elle se sent en sécurité et d’un seul coup elle change d’univers et elle a peur! En fait ma plus grande peur c’est les cauchemars ?

Simon: Je rejoins Emmanuel sur la frustration. Par exemple dans les études de médecine, tu te renfermes très vite, tu restes avec les mêmes personnes, tu ne t’ouvres plus tellement donc ça a été notre exutoire de faire de la musique, de continuer à découvrir et rencontrer de nouveaux visages!

Je serais tout de même venu vous interviewer si vous étiez juste en école de médecine! Et qu’est ce qui vous apporte le plus de joie? 

Emmanuel:  L’épanouissement en général. L’anti-routine, ne pas s’ennuyer et être toujours sur de nouveaux projets.

Camille: Même si on ne sait pas où on sera dans un an, on aime cette excitation du moment présent!

Et dans le futur proche, qu’espérez vous de la sortie de l’album vendredi prochain? 

Simon: Une tournée qui se passe bien !

Emmanuel: Aller défendre l’album sur scène. On essaye vraiment de s’auto-remixer lorsqu’on est en live ! On le rend plus dansant.

Camille: Ça ne nous intéresse pas de voir les gens écouter un album qu’ils ont déjà entendu. On veut leur proposer quelque chose d’autre, une nouvelle expérience fondée sur la première! Il y a l’expérience de l’écoute de l’album chez toi et l’expérience de le vivre en direct! Les deux doivent être complémentaires.

Simon: Et puis on espère tout simplement que les gens aimeront l’album, qu’il les rende curieux et qu’il les touche.

Culture Sauvage pour Jabberwocky? 

Underground. Une fête libre, qui casse les codes!

Crédits Photos: Ludovic Zuilli. 

Jabberwocky sera en concert le 12 décembre à Paris à la Gaité Lyrique.