Un festival c’est un évènement où l’on croise des chanteurs, des musiciens, des artistes, des techniciens, des managers… Et aussi des kinésithérapeutes! Rencontre avec Rémi et Matthis, kinés sur la première édition du Clap Ferret Festival! 

Comment est ce que vous vous êtes retrouvés sur le festival ? 

Rémi: L’année dernière, j’avais accompagné mon frère et son groupe (Hangar) au festival Trente-Sept Deux qui était organisé par Greg Boust. J’avais emporté ma table de massage pour triper et au final je mettais mis à masser des artistes, des techniciens. Ca avait bien plu! Donc quand j’ai vu que Greg Boust faisait un nouveau festival cette année au Cap Ferret, je lui ai envoyé un mail pour lui proposer mes services.  Il a dit oui ! Donc j’ai demandé un coup de main à Matthis.

Matthis: On est pas trop de deux. On a massé presque tous les artistes du festival ainsi que les équipes, donc ça fait pas mal de monde! Par exemple, le dernier massage samedi était à 23h30.

R: C’est qu’on prend du temps pour parler avec eux! Ca n’est pas juste du massage. Certains artistes ont des douleurs musculaires qu’ils trainent depuis des années, en parlant avec eux on peut aussi les aider à rectifier des positions, ou leur donner des conseils.  C’est l’avantage d’avoir des kinésithérapeutes plutôt que des masseurs thaïlandais. (rires) Après beaucoup nous disent qu’ils croisent souvent plus des ostéopathes sur les festivals que des kinésithérapeutes.

Et qui souffre le plus dans un festival ? 

M: En général c’est surtout les techniciens ! Ils ont des jus de quelques heures, ils portent ou se baissent sans forcément être échauffés donc c’est généralement ceux qui sont le plus atteints.

R: Après sur ce festival on a aussi eu le batteur d’une des artistes qui était un peu mal en point ! Et bien entendu les techniciens de cette même artiste ! Allez savoir pourquoi…

Du coup vous avez l’intention de faire d’autres festivals ? 

R: Si on reste en contact avec les organisateurs du festival, ça pourrait être sympa de se faire à nouveau le Trente-Sept Deux ou un Calvi On the Rocks.

M: En plus ça nous permet d’être au coeur de l’action. Donc on profite aussi des concerts de temps en temps.

D’ailleurs, il me semble que tu fais un peu de musique Rémi?

R: Oui. Je fais de la MAO,  de la techno. Je développe ça de mon côté avec mon frère donc c’est sûr que c’est intéressant pour moi de m’immerger auprès de grands artistes dans les festivals !

Juste avant vous parliez d’ostéopathe. Question détestable:  quelle est la différence entre les ostéopathes et les kinésithérapeutes? 

M: On se préparait à la question!

R: Les ostéopathes font des manipulations vertébrales, du passage en force de vertèbres, ce qu’un kiné n’est par exemple pas autorisé à faire ! On est beaucoup plus dans la longueur et la douceur avec la kinésithérapie.

M: La kinésithérapie est souvent plus adaptée pour des soins continus. Tu peux aller chez l’ostéo une fois par mois, mais pour des problèmes plus profonds ce sont souvent des séances de kiné intensives qui sont réparatrices.

Il y a souvent une animosité entre kinésithérapeute et ostéopathe que je ne ressens pas du tout chez vous! 

R: Parce que pour nous c’est complémentaire. Pas du tout opposé. Il m’est arrivé de conseiller à des patients d’aller voir un ostéopathe! Rien que dans notre profession il nous est possible d’avoir des formations d’ostéopathie, c’est donc que l’un va avec l’autre. Les deux fonctionnement ensemble.

M: Et les deux se ressemblent un peu aussi. On peut tous bosser à notre compte, ce sont des métiers où tu es libre et où il y a tout de même très peu de chômage. Du moins pour la kiné.

R: Ca c’est vrai! Je monte sur Paris très bientôt, à peine mon annonce postée j’avais déjà des propositions pour travailler. Et puis c’est un métier intemporel. Il y a toujours des gens pour faire de faux-mouvements ou du sport un peu trop à l’extrême!

M: Et puis ce n’est pas seulement un job physique, il y a un véritable côté social!

Quand tu dis côté social, j’imagine que tu fais références au fait que toutes les douleurs ne viennent pas que du physique?

R: Exactement. Hormis le fait qu’on rencontre plein de gens, il y a tout de même un côté un peu « psy » dans ce métier.  Certaines douleurs, notamment celles du dos, sont parfois générées par des pathologies.

M: Si la personne ne change pas sa façon de penser, d’agir, des heures et des heures de massage  n’y pourront rien. Ce n’est bien entendu pas prouvé scientifiquement mais le psychique joue énormément sur le corps. Donc c’est notre boulot d’être à l’écoute!

Culture Sauvage pour Rémi et Matthis?

M: Emancipation

R: Ca me fait penser à l’innovation folle. S’éclater tout en pensant à ce que tu es en train de faire !