Elle est la co-fondatrice d’une des plus importantes plateformes de crowdfunding. Rencontre matinale avec la pétillante et positive Ombline le Lasseur, le sourire de Kiss Kiss Bank Bank. 

Kiss Kiss Bank Bank. Drôle de nom!

Ca nous est venu pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, on voulait décomplexer les gens sur le fait de parler d’argent lorsqu’il s’agit d’artistique sans pour autant briser la créativité ou l’émotion de voir naître des projets. Puisqu’on parlait de créativité sur la plateforme on souhaitait également une référence culturelle qui s’est portée sur le cinéma. Il y avait donc le film mais surtout « M. Kiss Kiss, Bang Bang » dans les années 60, c’était James Bond chanté par Dionne Warwick.

Tu dis « on » car vous êtes trois fondateurs. Comment fonctionnez vous dans la société? 

On a chacun cette envie d’un changement positif dont on partage la stratégie générale. Après chacun a un rôle différent: Vincent est le CEO, Adrien s’occupe des projets tandis que je m’occupe du marketing et de la communication. Soit dit en passant, Vincent est mon mari et Adrien est mon cousin.

Donc c’est une affaire familiale! Ce n’est pas trop dur de bosser en famille? 

Non, bien au contraire. Il y a déjà de la confiance avant même la naissance de l’entreprise donc c’est génial. Dans le crowdfunding tout est fondé sur cette notion ! Après c’est vrai, on mélange tout! Le but est de ne pas écouter ceux qui te disent qu’il ne faut pas mélanger le personnel et le professionnel. C’est possible! A condition de savoir faire des dizaines de choses en même temps et de rester positif.

D’ailleurs, pourquoi vous êtes-vous dirigés vers le crowdfunding? 

On ne savait pas trop vers quoi on se dirigeait exactement puisqu’à l’époque ça n’était pas réellement identifié. Pour ma part, j’ai bossé dix ans dans l’industrie musicale. J’ai accompagné des artistes incroyables mais je me suis aperçue que cette industrie avait du mal à effectuer la transition avec le digital. J’ai essayé de la changer de l’intérieur mais c’était presque impossible. Puis j’ai découvert Sellaband , une plateforme qui produit des artistes tout en demandant une participation au public. Le concept m’a beaucoup plu mais j’avais envie de l’ouvrir à toutes les formes de créativité et surtout d’apporter un outil dont tout le monde pourrait s’emparer, qu’on soit un professionnel ou non.

kisskiss
Pour toi quelles sont les conditions pour qu’un projet artistique fonctionne? 

Jouer le jeu! Dialoguer un maximum avec les gens, devenir un réel ambassadeur de son projet et créer une communauté! C’est comme ça que ça fonctionne. Le digital a été une porte ouverte à une visibilité infinie et il faut l’utiliser à fond car c’est une vraie force!

Quel projet as tu hâte de voir? 

On a des projets fantastiques en ce moment! C’est une période géniale donc c’est difficile de choisir. On a JR et Agnès Varda qui ont lancé une collecte. On avait déjà travaillé avec Agnès sur la restauration des Parapluies de Cherbourg et JR est un artiste que j’adore ! Tous les deux ont d’ailleurs un projet vraiment magnifique et je suis impatiente de voir ça.

Quel est votre rôle une fois que la cagnotte est terminée? 

Notre rôle c’est avant tout du suivi. S’assurer que les contre-parties soient respectées. On demande aussi un retour sur les projets pour pouvoir suivre leurs histoires et les transmettre aux gens sur notre blog pour leur montrer qu’on peut libérer sa créativité, être un artiste et aussi gagner de l’argent grâce à ses projets.

Comment vois tu l’avenir de Kiss Kiss Bank Bank

On a pas mal internationalisé Kiss Kiss Bank Bank dès le début. Après on a aussi deux autres plateformes Hello Merci et Lendopolis, qui est le petit dernier qu’on est en train de développer.

Depuis le début de notre rencontre, tu as un grand sourire lorsque tu me parles de ton travail! 

Parce que je m’éclate.

C’est important pour toi de faire un travail un peu hors-norme? 

Je n’ai jamais réellement fait de travail sérieux. (rires)

Non, j’ai tout de même vu des gens souffrir de leur travail et je pense qu’il suffit de peu de choses pour changer l’état d’esprit d’une entreprise. Chez nous, il y a de la musique tous les jours au bureau, on boit des coups ensemble, on joue au ping pong sur nos bureaux. Résultat, ça fonctionne car tout le monde est heureux de bosser et chacun le fait avec plaisir.

La Culture Sauvage pour Ombline?

Des évènements artistiques spontanés, un peu punk. Sauvage me fait penser à la liberté. 

Pour plus d’informations: http://www.kisskissbankbank.com