Rencontre avec Rémi Boulnois, lauréat du PRIX COURT COCY 2015, catégorie Clip Musical. Entre parcours et clins d’oeil cinématographiques, le réalisateur évoque avec nous la création du clip gagnant. 

Rémi, d’où viens-tu ?

J’ai fait les Beaux-Arts à Angers en design et architecture d’intérieur mais c’était très libre comme enseignement donc j’ai commencé à bricoler la vidéo puis à en faire ma vie depuis 2010. Au départ, j’ai pris des cours de cinéma en auditeur libre pour me nourrir et j’ai fait appel à mes contacts pour pouvoir apprendre sur les tournages. C’était important pour moi de m’immerger à fond pour  savoir comment un tournage fonctionne et apprendre à parler le même langage que les équipes. Ca te permet également de savoir ce qu’il est possible ou non de faire !

Comment as tu rencontré le groupe Hoosky?

En réalité, j’écoutais radio nova et j’ai entendu « Rush Hour » d’Hoosky, que j’ai directement apprécié. Je me suis mis à faire des recherches pour en savoir plus sur le groupe parce que la chanson m’inspirait énormément. Je les ai contacté, je leur ai fait part des idées et on a lancé le projet pour lequel ils m’ont vraiment fait confiance !

Comment fonctionne-t-on pour créer un clip?

Je pense qu’il n’y a pas réellement de règles. Certains clips partent simplement d’un concept visuel et d’autres racontent une histoire en lien ou non avec les paroles. Je pense surtout qu’un clip doit sublimer la musique pas juste l’illustrer.

Qu’elle a donc été ta méthode pour « Rush Hour »?

Dans la chanson il y a des sons de voitures ainsi que des voix qui me faisaient penser à un «GPS» et j’avais lu une interview du groupe qui disait qu’ils avaient un peu pensé l’album comme un road movie. J’ai creusé ce point au départ sachant de plus que la musique est très référencée elle-même. On a donc suivi notre raisonnement afin de l’inscrire dans un parcours cinématographique tout en gardant un côté délirant. L’aspect road-trip offrait également une énergie en adéquation parfaite avec le rythme de la chanson.

Le « parcours cinématographique » se retrouve beaucoup à travers des clins d’oeil. Il m’a semblé y voir un petit quelque chose de Drive?

C’est vrai. Il y a bien sûr une référence au film Drive auquel on ne pouvait pas échapper mais aussi beaucoup d’autres, plus discrètes. Par exemple, en regardant bien certains pourront reconnaitre des clins d’oeil à des films tels que Rencontre du 3e type de Spielberg ou encore They Live de John Carpenter. Au spectateur d’ouvrir l’oeil ! De plus le clip se finit dans un Drive-in, ce qui n’est bien entendu pas anodin.

Tu as d’autres anecdotes ?

Pour rester dans les clins d’oeil : toutes les plaques d’immatriculation sont issues d’album de Tintin. C’était un délire avec l’équipe déco du clip.

J’en ai une autre aussi. Avant de commencer le tournage, j’avais précisément en tête quel genre de voiture je voulais pour le clip. Et un jour, alors que je conduisais dans Paris avec un membre de mon équipe, on croise la voiture parfaite dans la rue ! On s’est mis à la pourchasser dans la ville jusqu’à arriver à la stopper à un feu rouge. Le conducteur a été un peu surpris au début mais au final il a fait pleinement partie de l’aventure et je l’en remercie encore.

D’où viennent tes inspirations?

Même si ce ne sont pas à proprement parler des inspirations, j’aime beaucoup l’univers de Spike Jonz, Michel Gondry ou encore Quentin Dupieux. Après ça neveut pas dire que j’aime tout ce qu’ils font mais il y a des éléments chez chacun que j’apprécie beaucoup.

Et quels sont tes futurs projets?

Je vais continuer à faire des clips car c’est un terrain de jeu excellent et la liberté y est grande, du moins tant que les artistes et les producteurs sont ouverts. Mais le court métrage m’intéresse beaucoup également, je suis d’ailleurs en cours de coécriture. Ca avance à son rythme car je suis très perfectionniste, ce qui est un défaut et une qualité et j’ai besoin de posséder le meilleur scénario possible, quitte à le laisser murir encore et encore jusqu’à y croire suffisamment pour me mettre à réaliser.

Culture sauvage pour Rémi Boulnois ?

Sauvage, c’est ce qui transgresse les codes établis d’une culture, mais en s’opposant à des codes on en créer de nouveaux… donc je dirais que la « culture sauvage » est plutôt un fantasme créatif !

Pour plus d’informations, retrouvez le making-of du clip ci-dessous: