Comment s’est créé le groupe? 

Sam: On se connait avec Jean depuis tout petit et on a rencontré Diego un peu plus tard. On jouait beaucoup ensemble et au fur et à mesure on a fait les choses de manière plus sérieuse.

Diego: Dès seize ans on avait vraiment l’envie de faire de la musique notre vie mais tout s’est  réellement structuré avec la sortie du 1er EP «Travelers sound» il y a deux ans.

Pourquoi Midnight Locomotive? 

Diego: On a choisi ce nom car on voulait donner une double signification. Représenter à la fois le côté puissant, presque inarrêtable avec le mot « locomotive »  tout en le liant à un côté plus doux, plus jazz et mystérieux avec « Midnight ».

Sam: Mais dans les deux cas cela symbolise un basculement. Midnight c’est le passage d’un jour à un autre tandis que la locomotive reflète la révolution industrielle, le début de la modernité et l’avancée. D’ailleurs notre dernier EP s’appelle « 1804 », date de la création du premier train à vapeur.

Vous avez sorti «1804 » il y a exactement un an. Où en êtes vous aujourd’hui? 

D: On est très content de ce qu’a donné le projet. On a eu de bons retours et on s’est rendu compte que nous étions enfin prêts à sortir un album.

S: Au niveau du style, il y aura une réorientation. On a beaucoup d’influences différentes, cela va des Beattles à Jimi Hendrix en passant par Pink Floyd ou Jungle. Donc on veut tester quelque chose d’un peu différent. On essaye de trouver la bonne équation entre nos influences, qui sont ce que nous sommes et l’électro-pop moderne, dont l’esthétique sonore possède un truc qu’on adore.

D: C’est plus par envie artistique que pour être à la mode qu’on veut implanter une dimension électro! Mélanger des sonorités rock des années 70-80 avec de l’électronique ça ne se fait presque jamais alors que se sont deux univers super intéressants à mettre ensemble!

Comment fait on pour se mettre d’accord et composer en trio? 

D: Déjà c’est beaucoup de discussions tous les trois pour définir nos envies et ce qu’on souhaite composer. Généralement je fais la base de la compo et on retravaille ensuite en repet’ avec Sam à la batterie, Jean au clavier et moi à la guitare. Sincèrement, plus on avance plus on est efficace tous les trois. On est un peu en symbiose! (rires)

Et pourquoi avoir pris la décision de chanter en anglais? 

S: Ca s’est fait assez naturellement. Ca peut paraitre idiot mais on s’est aperçu que les sonorités de la langue anglaise collaient beaucoup plus avec notre musique. On peut donc très bien chanter en français, japonais ou allemand si on remarque que la langue s’adapte bien à une chanson, là-dessus on reste ouvert !

D: Cette réflexion est venue car très souvent on compose d’abord la musique avant les paroles. Ca ne veut pas dire qu’on n’attache pas d’importance au sens de celles-ci. Par exemple, « Stop it Right Away » qui sortira sur le prochain album raconte le massacre qui a lieu à l’est du Congo par l’armée rwandaise pour récolter du coltan et du cobalt.

L’engagement s’est essentiel pour vous alors? 

D: Essentiel je ne dirai pas ça. Disons que ça dépend de l’envie, du moment. On ne se fixe aucune règle.

S: Je pense que ce n’est pas vraiment une question d’engagement. On va écrire sur les sujets qui nous touchent, ce qui peut aller d’une histoire d’amour frivole à ce massacre au Congo. On ne se prétend pas être les sauveurs du monde ou bien de prêcher la bonne parole. On préfère évoquer des faits et raconter des histoires de notre point de vue en y ajoutant notre sensibilité.

Comme dans la chanson « Try me now » qui parle d’un sujet fort comme la drogue?

D: Oui! Les paroles font parler la drogue elle-même! Mais il n’y a pas d’engagement, on est  ni pour ni contre. Encore une fois on a juste voulu « évoquer » sans parti-pris. Pareil, cette chanson n’est pas du tout le reflet de la génération d’aujourd’hui, même si dans le clip se ne sont que des jeunes,  la drogue existe depuis des centaines d’années et n’a pas attendu notre époque pour apparaître.

En parlant de cela quelle est votre opinion sur la génération Y?

S: Personnellement, je n’arrive pas à fonctionner avec ce terme de génération. Je bloque. Par exemple nos deux premiers EP étaient assez rock, pourtant on est bien loin du stéréotype des jeunes rockeurs fous: on ne se drogue pas, on n’a pas de groupies hystériques, on ne passe pas notre temps à boire… Je vois plus les gens comme des individus à part entière plus que comme des groupes classés dans des catégories d’âge ou d’année de naissance. Personne ne se ressemble!

La Culture Sauvage pour Midnight Locomotive? 

D: Je dirais des artistes de rues, méconnus. En marge des grands médias.

S: Une émulation positive, sans courant qui existe par elle-même.

Découvrez le clip « Try me now » . 

Retrouvez le trio de Midnight Locomotive en concert ce mercredi 17/06 à la Gaité Lyrique dans le cadre du 19h19 des inRocKs lab. Plus d’informations.

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