C’est en surfant sur internet que COCY a découvert les petits nouveaux Les Suricates, une plateforme dédiée aux projets d’innovation sociale.  Rencontre avec Jonas Guyot, l’un des fondateurs. 

Salut Jonas, pourquoi le nom « Les Suricates »? 

Avec Julien et Nathan nous étions en train de brainstormer sur un nom de start-up et comme toujours pendant un brainstorming ça part dans tous les sens, je me suis donc retrouvé à parler de Timon, dans le Roi Lion qui est un petit animal que j’adore et qui me fait marrer du coup on a fait des recherches sur le suricate! Il s’avère que c’est un animal génial! Il est sur ses deux petites pattes, donc il regarde toujours au loin et ne se contente pas seulement de ce qu’il a devant lui. Et c’est un animal qui vit en communauté !

Je vois que tu es bien renseigné! 

Exactement ! J’en connais un rayon sur les Suricates grâce à Wikipédia. Figure toi que le Suricate est un des seuls mammifères à pouvoir être élevé par une autre mère que la sienne. C’est hyper altruiste comme animal!

Plus sérieusement, c’est vraiment cette idée d’animal toujours en alerte et communautaire qui nous a plu. Ca correspond parfaitement à l’image que l’on veut transmettre.

Comment t’es venue l’idée de ce site? 

Dans mon boulot, je conseille beaucoup de gens dans l’entreprenariat classique et lorsque je leur parle d’entreprenariat social ils n’ont généralement pas d’exemple en tête sur lequel se référer. On ne connait que très peu tous les projets d’innovation sociale dans ce milieu alors que de très nombreuses personnes créent tous les jours des choses incroyables. J’ai parlé de tout ça à un ami de mon école qui m’a fait découvrir Product Hunt qui est un site de veille sur l’innovation digitale aux Etats-Unis et le format minimaliste m’a beaucoup inspiré. On a donc décidé d’ouvrir notre propre site de veille en France.

Tu avais déjà des expériences en lien avec l’entreprenariat social? 

Oui. Pour la petite histoire, j’ai fait une école de commerce qui avait parfois un discours financier fondé sur « la maximisation des profits en entreprise » et ça m’a un peu frustré en première année. Je me suis donc mis à faire mes propres recherches et j’ai découvert l’entreprenariat social en lisant deux bouquins géniaux, Vers un nouveau capitaliste de Yunus et 80 hommes pour changer le monde de Darnil et Leroux qui m’ont réellement ouvert les yeux. Je suis donc parti faire un voyage à la recherche d’entrepreneurs sociaux pendant presque un an.  On est parti trois mois aux Philippines, trois mois en Inde,  trois mois au Sénégal et au retour on a écrit un livre afin de présenter toutes ces personnes rencontrées.

Effectivement tu as trouvé ta voie! Pour revenir au site, comment est-ce que vous sélectionnez les innovations? 

Tout d’abord sur le site, n’importe quel internaute peut proposer une innovation sociale. On a également une équipe de modérateurs qui sélectionnent les projets mais qui en proposent aussi. Au final c’est grâce à un travail de veille! Rester attentif et partir à la recherche des innovateurs c’est surtout comme ça qu’on a du contenu pour le site.

Mais c’est plus qu’un simple site de présentation?

Tout à fait. L’objet premier du site est d’offrir de la visibilité à tous ces projets mais également de créer du partage entre les internautes et les créateurs qui peuvent liker, commenter et partager les différentes innovations répertoriées dans 6 catégories: entrepreneuriat social, économie collaborative, économie verte, commerce équitable, éducation – enseignement et culture.

Comment tu vois l’évolution de Les Suricates? 

Pour l’instant on fonctionne étape par étape. L’objectif est de devenir le site de référence sur l’innovation sociale et de développer économiquement le site en question.  On a la réelle volonté de créer des ponts entre les projets que l’on présente, et tous ceux qui peuvent les aider à se développer : grandes entreprises, médias, réseaux, etc

Pour l’instant ce sont nos envies, rien ne dit que tout ira dans ce sens mais on l’espère. Dans tous les cas on restera une plateforme de veille ET de promotion de projets qui n’ont pas totalement oublié le bien commun et l’intérêt des générations futures.

La « Culture Sauvage » pour Les Suricates ?

C’est quelque chose qui n’est pas controlé, qui vient de tout le monde. Je vois plus ça comme une culture de rue, une culture Bottom up qui n’est pas théorisée !

Découvrez Les Suricates : www.lessuricates.fr