Sourire aux lèvres, les yeux rieurs, le jeune chanteur Ari s’est prêté au jeu de l’interview COCY. Eternel optimiste, l’artiste nous parle de sa vision de la vie et d’une musique populaire assumée. Une bouffée d’air frais et de positif à consommer sans modération…

D’où t’es venu cette envie de prendre ta gratte et chanter?

Je viens de Madagascar et j’ai été bercé dans une ambiance très festive et musicale. Lorsque tu es sur l’île, si tu te poses dans la rue avec ta guitare, tout le monde se met à chanter autour de toi. Cette ferveur m’a animé et j’ai grandi avec un père très mélomane. Je crois que du coup j’ai toujours chanté et aimé ça. Et puis j’ai eu un excellent professeur : YOUTUBE. C’est vraiment dingue ce que tu peux apprendre grâce au web. Puis, au fur et à mesure j’ai commencé à faire des petits concerts par-ci par là et un jour je me suis dit qu’il était temps que je me consacre entièrement à la musique, donc j’ai quitté mon job.

Carrément?

Oui. J’étais ingénieur de développement de système d’information et je ne m’y retrouvais pas vraiment. Après j’avais un salaire confortable, un CDI ce qui m’a fait beaucoup réfléchir. Bon j’avoue que j’avais un peu la trouille aussi mais au bout d’un moment j’ai réalisé que j’avais seulement 25 ans et qu’il était temps que je fonce !

Et à l’heure actuelle que fais-tu?

J’ai enregistré déjà pas mal de chansons et je suis signé chez un label indépendant pour un premier album. En parallèle je fais des concerts en appartement. Le concept existe pas mal sur Paris à travers des plateformes mais c’est long et pas très actif donc j’ai fait marcher mon entourage et grâce au bouche à oreille on a commencé à avoir quelques dates. Avec mon violoniste et mon choriste on a fait le choix technique de ne pas prendre de sono pour vraiment casser la distance avec le public. Dans un appartement, il y a vraiment un côté intimiste que j’adore. Après on joue également à l’Etage avec beaucoup plus de personnes et c’est super aussi, ce n’est juste pas la même adrénaline.

 Où trouves-tu ton inspiration ?

Mes premières inspirations étaient les femmes, disons le. Et puis ça a évolué et j’ai voulu m’exprimer sur des thèmes plus larges tels que le choix ou encore mes origines. J’ai été très longtemps complexé de venir d’ailleurs, d’être différent jusqu’au jour où je me suis rendu compte que la différence était également un atout et une force. Bref je m’inspire juste de toutes les réflexions que je peux avoir.

 Comment est-ce que tu qualifierais ta musique?

Je me suis inventé mon propre terme, que j’appelle le Smiling Pop. J’aime bien ce terme, car même si les thèmes de mes chansons sont différents ma ligne directrice est d’être toujours positif quelque soit le sujet abordé. Bizarrement j’ai du mal avec les chansons tristes. Bien entendu je ne dis pas qu’il n’y a que des bonnes choses dans la vie mais même si on traverse des moments difficiles, on a tous les clés en main pour trouver du positif quelque part. L’optimisme, pas la naïveté, ça peut vraiment te changer la vie et puis chez moi c’est maladif, dès que je chante ça me donne le smile !

Donc vraiment, le Smiling Pop, ça me parle.

C’est important pour toi de faire passer ce genre de message à travers tes chansons?

En tant qu’artiste je me demande toujours: ma musique a-t-elle un sens? Au final, lorsque je chante mon but est vraiment de donner de l’énergie que ce soit l’instant d’une vidéo, d’une chanson ou d’un concert. Si je sais que les gens ont reçu de bonnes ondes, ça me comble. J’ai vraiment envie d’envoyer du smile, même si ça peut paraître naïf, je m’en moque c’est ça qui me porte !

Les artistes ne peuvent peut être pas donner aux gens de quoi manger ou dormir mais ils peuvent leur apporter un peu de bonheur. C’est la raison pour laquelle je veux faire ce métier ! J’y trouve du sens, plus que dans le fait de bosser comme un fou, en oubliant de se poser les vraies questions et d’être heureux.

C’est ce que tu évoques dans JUSQU’A QUAND ? . Tu penses que tout le monde devrait arrêter le metro, boulot, dodo ?

 Non. Je pense juste qu’il faut que chacun réfléchisse et se pose la question: est ce que je suis bien où je suis ? Beaucoup de gens aiment ce qu’ils font, que ce soit leur travail ou leur vie! Dans cette chanson, il n’est pas question d’inciter tout le monde à quitter son boulot pour partir au soleil mais de faire réfléchir certaines personnes sur le fait qu’il y ait peut être une raison pour laquelle elles ne se sentent pas bien dans leur vie : elles ne sont peut-être pas à la bonne place. C’est le message que j’ai voulu faire passer !

 Et plus généralement quel est ton avis sur la musique que tu entends un peu partout?

Personnellement, VIVE le web ! Auparavant les grandes institutions contrôlaient l’information, on vivait dans une sorte d’obscurantisme. Si je prends l’exemple de la musique, pour le public les seuls artistes existants étaient ceux diffusés par les médias, les majors, les radios. Il était difficile d’étendre sa connaissance à moins d’aller chiner dans les petites salles de concerts, ce qui prend du temps.

Aujourd’hui avec le web, sur Youtube par exemple si vous aimez un artiste, le moteur va vous proposer une dizaine d’artistes similaires pour la plupart indépendants. On peut découvrir tout ça en un seul clic.

Et tu ne penses pas qu’il y a une forme de standardisation de la musique?

J’imagine que tu parles du commercial ! Sincèrement, c’est un terme que j’ai du mal à comprendre. Je trouve qu’on diabolise beaucoup le mainstream.

Tu estimes que ta musique est mainstream?

Je me considère plus comme un chanteur populaire, au sens propre du terme. J’ai envie de partager avec le plus de personnes possible ma musique et je suis conscient que pour toucher le plus de monde, il faut parler un langage universel. Je ne m’estime pas commercial, je suis simplement un mec de mon époque, qui va à la fois faire la musique qui lui plait tout en essayant de faire passer son message à la majorité. J’assume vraiment ce côté populaire qui plait! Si on veut me qualifier d’artiste commercial ou m’attaquer à ce sujet ça ne me pose pas de soucis, je suis fier de ce que je fais !

La Culture Sauvage pour Ari?

Je trouve que c’est un terme qui représente exactement l’époque dans laquelle on vit du fait du libre accès à l’information apporté par le web. On ne reçoit plus les choses de manière ordonnée comme dans le passé, mais bien de manière entropique, presque agressive. A coup de tweets, de posts, de partages. On ne contrôle pas, on est submergé par les informations, on peut les recevoir sans filtres, on peut culturellement s’enrichir à foison.

A votre tour de sourire et d’être positif? Découvrez sans plus attendre JUSQU’A QUAND? :

 

 Et retrouvez Ari en concert à l’Etage, le 9 avril prochain: https://www.facebook.com/events/792351247514192/